Budget 2015 : résister à l’austérité | Ville d'Ivry-sur-seine
Aller au menu Aller au contenu Aller à la recherche mercredi 22 août 2018
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Budget 2015 : résister à l’austérité

Le 9 avril, dans un contexte contraint par la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales, les membres du conseil municipal ont débattu du budget communal 2015. Présenté par Mehdy Belabbas, adjoint au maire en charge des finances locales, le budget a été adopté par l’ensemble des groupes de la majorité comme un acte de résistance à l’austérité. Le dossier du numéro de mai d’Ivry ma ville détaillera le budget 2015.

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Plus de 5 300 pétitions en préfecture

Le maire Philippe Bouyssou et son adjoint aux finances Mehdy Belabbas ont remis 5 351 pétitions «Ivry résiste, ne nous laissons pas tondre !» à Thomas Michaud, directeur de cabinet du préfet, Thierry Leleu. C’était le 9 avril à Créteil dans l’un des bureaux de la préfecture du Val-de-Marne, qui représente l’Etat dans le département.

Ce jour-là, les élus locaux étaient accompagnés de quatre Ivryens :  Daniel Sereno, membre du nouveau collectif local de défense des services publics, Michel Tafflet, trésorier de l’USI (Union sportive d’Ivry) ainsi que Véronique Vaslot, représentante de la FSU des territoriaux d’Ivry et Didier Carol, son homologue pour la CGT.

Présentation par Mehdy Belabbas, adjoint au maire chargé des finances

« Hold-up sur les finances locales ! » C’est ainsi que Mehdy Belabbas, adjoint au maire en charge des finances, a qualifié la réduction des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales lors de la séance du conseil municipal du 9 avril. Une séance au cours de laquelle les élus avaient à se prononcer sur le budget communal 2015, dans ce contexte contraint qui se traduit, pour Ivry, par un manque à gagner de 3,7 millions d’euros pour cette année. Et qui devrait atteindre vingt millions d’ici à 2017 si le gouvernement ne revient pas sur sa décision, au nom de la réduction des déficits publics.

Dans ce contexte, en parallèle à la recherche de recettes nouvelles, des arbitrages ont dû être faits. Ils portent notamment sur la suppression des vacances de printemps, du dispositif Village du monde, des chèques vacances pour les jeunes et de la Nuit blanche. Tandis qu’un effort a été porté sur la masse salariale. Des choix qui laissent un goût amer à l’élu, mais qui permettent, a-t-il expliqué, « de conserver ce qui fait le cœur de notre politique sociale au service des Ivryens ».

Du côté des dépenses d’investissement, décision a été prise de les maintenir à un montant élevé. « C’est un acte de résistance ! Nous ne nous résignons pas à ce qu’Ivry devienne une cité dortoir. » Elles permettront la réalisation d’équipements publics utiles aux habitants.

Des habitants qui verront par ailleurs voir l’évolution de leurs impôts maintenue à 1,5 % alors que, a souligné Mehdy Belabbas : « Pour compenser la baisse des dotations, il aurait fallu les augmenter de 17 % ! Ce qui n’était en aucun cas une piste de travail pour nous lors de l’élaboration du budget car nous ne souhaitons pas faire peser sur les Ivryens des décisions gouvernementales que nous trouvons injustes ! »

Daniel Mayet, adjoint au maire en charge du personnel

Je souhaite insister sur le volet dépenses de personnel. A Ivry, nous avons pris la décision politique d’offrir à la population un service public de qualité qui répond à des besoins en matière de santé, de logement, de culture, d’éducation, de loisirs…

On entend dire qu’il y aurait trop d’agents par rapport à d’autres villes. Mais toutes n’ont pas de centre municipal de santé, de médiathèque, de foyers logements pour personnes âgées… Et il y faut du personnel, donc des dépenses importantes : 82 millions en 2014, 63 % des dépenses de fonctionnement, 1 847 agents permanents.

Depuis des années, nous avons travaillé à stabiliser la masse salariale et à optimiser les moyens. En 2015, pour ne pas aller au-delà des 63 %, nous proposons le maintien des crédits 2014. En intégrant les dépenses supplémentaires incontournables, cela induit le non financement d’une quarantaine de postes.

Et pour permettre de créer 15 postes nécessaires aux nouveaux équipements, il est proposé de supprimer 20 postes vacants. Ce sont de mauvaises décisions qu’on nous oblige à prendre, alors que les services nous font remonter qu’il faudrait une cinquantaine de postes supplémentaires pour faire face aux besoins.

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Sébastien Bouillaud, groupe l'Alternative pour Ivry

La mise à contribution des collectivités territoriales dans le redressement des finances publiques est une nécessité. Nous partageons néanmoins le constat d’une baisse trop forte de la dotation globale de fonctionnement et les inégalités entre collectivités qui en résultent.

Pour autant, Ivry n’a pas attendu 2014 pour voir ses finances dériver. Depuis 2011, l’épargne nette, gage de l’autonomie financière et de la capacité d’investissement, a fondu. Mais la municipalité met en œuvre son éternel levier fiscal. Alors que certaines communes du Val-de-Marne n’ont pas fait évoluer le taux des impôts pendant plus de 15 ans, ceux d’Ivry ont augmenté chaque année et vont encore augmenter en 2015.

Afin d’éviter le dérapage budgétaire, la municipalité s’est fixé l’objectif intenable de 0 % d’évolution de la masse salariale. Ce qui, avec l’évolution inévitable des charges de personnel, revient à diminuer le nombre d’agents d’environ 30 personnes. Nous attendons les premiers résultats. Plutôt que de chercher des responsables, nous attendons des solutions concrètes pour les Ivryens.

Notre groupe restera attentif à l’évolution des finances de la commune afin que ce ne soit pas toujours la classe sociale et le contribuable ivryens qui paient la note.


Le groupe a voté contre le budget 2015.

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Sandrine Bernard, groupe socialiste

Nous soulignons la bonne maîtrise de la dette, le bon taux de réalisation des dépenses et des recettes et la recherche de recettes nouvelles. Mais au-delà, ce budget doit démontrer la volonté de la collectivité d’utiliser au mieux l’argent public.


Indépendamment des baisses de dotation, cette orientation est vitale et impérative. Les Ivryens, comme les Français, attendent des pouvoirs publics qu’ils fassent mieux avec moins. Or, les évolutions entre compte administratif et budget primitif ne permettent pas de constater de volonté réelle dans ce domaine.

L’effort mené en faveur de l’autonomie des seniors, les moyens déployés dans les écoles, le soutien à la construction de logement et aux associations restent remarquables. Mais vous vivez sur des acquis que l’augmentation de la population tend à dégrader, sans avoir l’air de réagir ; c’est particulièrement saisissant en matière de sport et de culture.

Vous choisissez la facilité : supprimer des actions. Suppression d’une école, de colonies de vacances, réduction des classes transplantées, de la lutte contre l’habitat indigne, suppression du chèque vacances, d’actions culturelles, de Village du monde. Vous faites ce qu’aurait fait la droite si elle avait été élue : supprimer des services publics.

Le groupe a voté contre le budget 2015.

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Ana Macedo, groupe Front de gauche, communistes, Parti de gauche, Ensemble et citoyens

Le budget qui nous est présenté ce soir s’insère dans la tradition ivryenne de politiques publiques ambitieuses. Mais ce n'est pas le budget que la majorité aurait souhaité pour la population ivryenne. La baisse programmée de 20 millions d'euros de recettes dans le budget communal d’ici 2017 aura des conséquences sur nos politiques publiques.

Pour la première fois, nos recettes n’augmenteront pas, suite aux coupes budgétaires décidées par le gouvernement. Jamais la crise n’a été si profonde et multiforme. Pour faire face, il nous faut des réponses à la hauteur des besoins.

Au lieu de cela, nous voilà contraints de suspendre des actions concrètes. Mais aussi de diminuer des moyens, parfois invisibles, pour le développement du service public : c’est le cas du gel du budget de la masse salariale, ce qui signifie des non-remplacements, des postes et des agents en moins pour répondre aux usagers et mettre en œuvre les engagements du programme municipal.

Pour notre groupe qui prône « l'humain d'abord », cette période de régression a un goût amer auquel nous ne nous résignons pas. Alors c’est avec gravité, avec colère aussi, mais surtout avec l’envie de se donner tous les moyens pour faire encore mieux ensemble, que nous voterons ce budget.

Le groupe a voté pour le budget 2015.

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Saïd Hefad, groupe Convergence citoyenne ivryenne

La politique d’austérité menée par le gouvernement se traduit par une baisse des dotations de l’Etat qui vient prendre en otage les collectivités et réduire leur capacité à satisfaire les besoins de la population.

Face à ces coupes budgétaires qui tentent de faire payer aux collectivités et aux habitants une dette et une crise économique dont les premiers responsables sont les banques et les multinationales, la majorité municipale aurait pu décider d’adopter un budget de résistance totale en refusant de voter un budget en équilibre. Elle n’a pas souhaité le faire car cela aurait dépossédé les Ivryens et ceux qu’ils ont élus de leur capacité à gérer le budget communal et à faire leurs propres choix quant à l’orientation de notre action publique locale.

Nous nous réjouissons du choix qui a été fait de ne pas rehausser les taux de fiscalité pour ne pas affecter encore plus la situation financière des Ivryens. Nous partageons aussi le choix de préserver un niveau d’investissement conséquent pour poursuivre le développement de notre ville et ses équipements publics.

Mais nous ne pouvons qu’exprimer notre inquiétude quant à certains choix que nous aurions préféré ne pas à avoir à faire et qui nous font voter ce budget à contre cœur. Il faut poursuivre la mobilisation.

Le groupe a voté pour le budget 2015.

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Sabrina Sebaihi, groupe Europe Ecologie Les Verts

Le budget a été difficile à construire dans le contexte de baisse généralisée des dotations de l’Etat. C’est un coup dur porté à notre ville et aux collectivités mettant au cœur de leur action un service public de qualité et de proximité.

Malgré les efforts fournis pour limiter les dépenses, nous avons été contraints de supprimer certaines actions. Ces suppressions sont douloureuses. Si nous avions dû utiliser le levier fiscal, nous aurions dû augmenter les impôts locaux de 17 %. Or nous ne les augmentons que de 1,5 %.

Néanmoins, ce budget reste ambitieux, respectant les priorités que sont la solidarité, le cadre de vie, le développement durable. Nous sanctuarisons des dépenses dans les domaines de l’action sociale, la santé, l’éducation, la petite enfance. Nous continuons à préparer l’avenir de la ville et sa transition écologique en investissant pour l’entretien et la création d’équipements et d’espaces publics. Malgré des choix courageux, il faut réfléchir à la construction du budget 2016 et aux suivants.

Nous ne pouvons que regretter le refus du gouvernement d’infléchir sa politique. Prenons ces contraintes comme une opportunité pour remettre à plat un certain nombre de choses. Nous souhaitons continuer à rendre un service public de qualité mais des ajustements sont nécessaires.

Le groupe a voté pour le budget 2015.

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Arthur Riedacker, groupe radical, socialiste, républicain et citoyen

Les coupes budgétaires ont pu être limitées. Mais il y quand même des réductions : le soutien à l'office HLM a dû être réduit, certaines activités périscolaires ont dû être supprimées et pour ce qui concerne le personnel municipal, Daniel Mayet a bien détaillé les difficultés actuelles et celles qui nous attendent.

Dans les prochaines années, la situation se compliquera encore. Les arbitrages à rendre deviendront plus difficiles. Nous avons pu limiter la baisse des investissements. Mais si rien ne change au niveau des intentions gouvernementales, nous serons contraints de revoir nos ambitions. Or on sait que 72 % des investissements publics proviennent des collectivités locales. Qui dit baisse des investissements dit baisse des emplois. Et cela alors que le chômage est trop important et n'est pas en train de diminuer. Maintenir les dotations municipales et même les accroître permettrait de mieux lutter contre le chômage et de mieux satisfaire les besoins essentiels des collectivités.

Il faudra donc, notamment parce que le gouvernement ne sait toujours pas comment faire diminuer le chômage, continuer à s'opposer fortement à la baisse des dotations au cours des années à venir afin de s'opposer à la dégradation des conditions de vie.

Le groupe a voté pour le budget 2015.

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Conclusion du maire Philippe Bouyssou

Philippe-Bouyssou-Maire-Ivry-sur-SeineEn conclusion, le maire, Philippe Bouyssou, s’est félicité du fait que les interventions convergentes des groupes de la majorité municipale démontrent en quoi celle-ci était soudée.

Il a par ailleurs pointé « la petite musique de fond de l’opposition, toujours prête à dire que la majorité passe son temps à se plaindre et à rechercher des coupables ».

« Pensez-vous réellement que moins vingt millions d’euros représentent une paille, et que nous pourrons continuer ainsi longtemps ? », a-t-il questionné.

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