Aller au menu Aller au contenu Aller à la recherche samedi 26 mai 2018
Logo label Ville Internet

Budget 2016

Face à l’austérité programmée par l’État, la Ville parvient à maintenir, envers et contre tout, un budget maîtrisé et fidèle à ses engagements.

Budget alternatif : des projets à l’arrêt

Le 7 avril, le conseil municipal a aussi voté un budget alternatif afin de contester la perte de ressources qui grève le budget communal depuis 2014 de par la baisse drastique des dotations de l’État.

Si la dotation globale de fonctionnement avait été maintenue en 2014, 2015 et 2016 au même niveau qu’en 2013, 12,1 M€ de recettes auraient pu être affectées à des projets qui ne peuvent aujourd’hui être réalisés et sont repoussés.

Au nombre d’entre eux :

  • Les séjours vacances de printemps (163 000 €).
  • Le gymnase Ivry Confluences (1,7 M€ sur un coût total de 6 M€ phasés sur 3 ans).
  • Les travaux de réhabilitation du centre Jeanne Hachette (2 M€).
  • Les mini-séjours d’août des centres de loisirs (30 150 €).
  • L’ouverture de la Maison de quartier d’Ivry-Port (136 300 €).
  • Le développement de pistes cyclables (200 000 €).

En outre, l’augmentation des impôts locaux aurait pu être limitée à 1,5 % (au lieu de 2,5 %) et le volume des subventions aux associations aurait pu être maintenu.

C’est à un véritable exercice d’équilibriste que la municipalité a dû, cette année encore, se livrer pour élaborer le budget communal. D’un côté, une dotation globale de fonctionnement de l’État évaluée à 5,4 M€ pour 2016, soit une perte de recettes de 2,8 M€ par rapport à 2015. De l’autre, des besoins de la population accrus et un territoire dont le développement doit être soutenu.

Dans sa présentation du budget devant l’assemblée communale le 7 avril, Mehdy Belabbas, adjoint au maire en charge des finances, a rappelé qu’ « en dépit des contraintes auxquelles nous sommes confrontés, notre objectif reste toujours le même : préparer la ville aux enjeux du XXIe siècle en gardant à l’esprit ce qui constitue notre identité commune. » A savoir, la préservation des politiques de solidarité, l’accompagnement du développement de la ville, le renforcement du lien social et des relations de proximité.

Afin de conserver un niveau d'investissement élevé (33,8 M€), les dépenses de fonctionnement pour 2016 sont contenues à 121 M€ (soit 1,8 M€ de moins qu’en 2015). Le maintien à niveau constant des dépenses de personnel permettra de préserver un service public fort, de pourvoir aux besoins des nouveaux équipements (crèches, écoles, Maisons de quartier…), ainsi qu’aux vacations supplémentaires avec le passage à la journée du mercredi dans le cadre des nouveaux rythmes scolaires.

Comme l’an passé, des économies de gestion vont être réalisées par les services municipaux : évolution des organisations de travail, recentrage physique de certaines directions dans le centre commercial Jeanne Hachette…

Reste que la Ville est obligée cette année encore de geler certaines prestations. Comme en 2015, pas de vacances de printemps pour les enfants et les jeunes, ni de Nuit blanche, ni de Chèques-vacances, ni de Village du monde. Une liste à laquelle s’ajoute, en 2016, la suppression des mini-séjours des centres de loisirs en août et d’un séjour d’hiver pour les jeunes.

La quadrature du cercle

Les subventions aux associations, à l’exception de celles à caractère social, sont elles aussi revues à la baisse. « Il a été décidé de réduire leur montant de 3%, a annoncé Mourad Tagzout, conseiller municipal délégué à la vie associative. Nous maintenons un effort conséquent pour soutenir les associations de notre ville, mais la baisse des subventions, du fait de la réduction de nos moyens, ne peut nous satisfaire. » Leur montant pour 2016 s’élève à 3,9 M €, soit une diminution de 95 000 €.

« La maîtrise des dépenses et les économies réalisées ne nous permettent cependant pas de contrer pleinement les effets de la baisse des dotations de l’État », a mentionné Mehdy Belabbas. Malgré ses efforts, la Ville se trouve contrainte de relever ses taux de fiscalité directe. Initialement fixée à 3 % lors des préparations budgétaires, la hausse des impôts locaux s’élèvera à 2,5 %. Une moindre augmentation rendue possible grâce aux droits de mutation d’un montant notable (2,39 M€) perçus par la Ville.

« Volontariste au quotidien, notre action politique est aussi résolument tournée vers l’avenir, a indiqué l’élu aux finances. En 2025, Ivry pourrait compter près de 70 000 habitants, soit 10 000 de plus qu’aujourd’hui. Nous devons soutenir et encourager cet essor par un programme d’investissements à la hauteur. » Modernisation du parc de logement social, étude sur la rénovation du centre municipal de santé, extension du groupe scolaire Makarenko, livraison du centre dramatique national, poursuite du chantier Ivry Confluences… Autant de projets engagés pour 2016.

Sylvie Moisy

Un budget contre l’austérité

Présenté par Mehdy Belabbas, adjoint au maire en charge des finances locales (voir ci-dessus), le budget communal a, comme tous les ans, donné lieu à débat. Le 7 avril, les membres du conseil municipal ont été invités à s’exprimer sur le budget 2016, tant en fonctionnement qu’en investissement. Ils étaient également conviés à voter un budget alternatif qui, contestant la perte de 12,1 M€ au titre de la baisse des dotations de l’État depuis 2014, répertorie les projets qui auraient pu être réalisés si les recettes de la Ville n’avaient pas été amputées.

Regrettant les projets qui ne figureront pas au budget, Romain Marchand (groupe Front de gauche, Communistes, Parti de gauche, Ensemble et Citoyens) a indiqué : « Nous avons dû faire des choix, et nous les assumons. Nous n’avons pas à rougir de ce budget qui, bien qu’élaboré dans un contexte de contraintes inédites, reste un budget résolument solidaire, qui accompagne le développement de la ville et contribue à réduire les inégalités. »

Sandrine Bernard (groupe socialiste) a déclaré que « les réductions, epsilon, des dépenses visibles sont là uniquement à des fins de propagande politicienne pour faire croire aux parents, aux personnes âgées, aux bénévoles et à votre clientèle toute prête à relayer ces inexactitudes, qu’on les fait souffrir à cause du gouvernement. »

Un avis que ne partage pas Romain Zavallone (groupe Europe Écologie Les Verts) qui souligne notamment que « la disparition programmée des dotations de l’État entrave la capacité des collectivités à porter des politiques de transition environnementale sur nos territoires. Les collectivités sont privées de financement dédié à ces politiques. Un comble, au lendemain de la Cop 21 ! »

Pour Sébastien Bouillaud (groupe l’Alternative pour Ivry), « le racket continue. Vous cachez le manque d’effort d’optimisation des dépenses par une hausse des impôts. Plutôt que de perdre votre temps à sortir un budget alternatif utopique sans intérêt, concentrez-vous sur la recherche d’économies de fonctionnement ! »

Un point de vue auquel s’est opposé Atef Rhouma (groupe Convergence citoyenne ivryenne) : « À moins d’opérer des transformations structurelles d’inspiration libérale ou d’intégrer davantage l’idéologie et les pratiques managériales des entreprises dans nos collectivités, il n’est pas possible de faire plus et de faire mieux avec moins. »

Le budget a été adopté à la majorité des voix. Le groupe l’Alternative pour Ivry et le groupe socialiste ont voté contre.

Le budget alternatif a été voté à la majorité des voix. Le groupe l’Alternative pour Ivry s’est prononcé contre. Le groupe socialiste n’a pas pris part au vote.

Sylvie Moisy

Vers le haut

Haut de page