Combattre l’oubli et l’intolérance
Pour la neuvième année, Ville et associations ont uni leurs efforts pour organiser la Semaine de la mémoire du génocide des Juifs et des Tziganes, pour la prévention des crimes contre l’humanité et la lutte contre le racisme et l’intolérance.
Parmi les temps forts : l’inauguration d’une plaque à la mémoire des brigadistes ivryens morts en Espagne ce mercredi 25 à 17h30, une conférence des collégiens sur la rafle du Vel’ d’Hiv vendredi 27 à 19h, des exposés-débat sur les génocides samedi 28 à 14h et la commémoration du 67ème anniversaire des camps d'Auschwitz.
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« Je twisterais les mots s’il fallait les twister, pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez. » Un demi-siècle après, s’il ne s’agit plus de se livrer à la danse préférée des yéyés, les vers de la célèbre chanson Nuit et Brouillard de Jean Ferrat, dédiée aux victimes de la déportation nazie, gardent tout leur sens. Faire en sorte que personne ne dise « je ne savais pas », que personne n’oublie les tragédies humaines dont nous a abreuvé le siècle passé, tels sont les objectifs de la Semaine de la Mémoire du génocide des Juifs et des Tziganes, pour la prévention des crimes contre l’humanité et la lutte contre le racisme et l’intolérance, initiée par la Ville en 2003.
« Notre but est d’être le plus pédagogue possible, précise Gautier Mergey, des archives municipales, l’un des partenaires de la manifestation. Nous avons donc reprécisé certaines définitions et ajouté des explications dans le programme de la Semaine qui sera mis à la disposition des Ivryens : Qu’est-ce qu’un génocide ? Un crime contre l’humanité ? Qui étaient les Triangles bleus ? Pour ne citer que celles-là. » Ce travail de pédagogie, les archives le développent tout au long de l’année avec les scolaires. La Semaine de la Mémoire ne fait évidemment pas exception. Pour cette édition 2012, ce service municipal a préparé un parcours de mémoire destiné aux collégiens. Il leur permettra de reconstituer l’histoire d’Ivry à travers différentes époques. Le 27 janvier, les 3e 2 du collège Romain Rolland présenteront, à l’auditorium de la médiathèque, la conférence Juillet 1942, une rafle à Ivry, fruit de leur travail réalisé avec les archivistes municipaux.
Mémoires du génocide
Samedi 28 janvier, Hôtel de ville
- 14h Conférence-débat "Génocide, transmettre et entendre", par l’association Appui Rwanda et l’Association pour la mémoire des enfants juifs déportés d’Ivry.
17 h 30 - Concert : Slam rwandais, chants yiddish, arméniens et tziganes.
Réservation recommandée
au 01 49 60 25 20
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L’auditorium, tout comme l’hôtel de ville
(voir le programme), accueilleront d’autres initiatives concoctées par les services culturels de la Ville. Deux compositeurs juifs tchèques déportés y seront notamment mis à l’honneur. La mémoire des atrocités de la Seconde Guerre mondiale sera également portée par les associations. Outre le fleurissement des plaques dédiées dans les écoles aux enfants juifs déportés et la commémoration de la libération des camps d’Auschwitz, un documentaire projeté au Luxy rappellera le massacre d’Oradour-sur-Glane.
Quelles sont les origines de la Shoah, une des plus grandes barbaries de l’Histoire ? Jacques Giami, auteur d’un ouvrage sur ce thème, répondra à vos questions le 27 janvier. Le génocide des Juifs, mais aussi celui des Arméniens, des Tziganes, des Tutsi au Rwanda : ils feront tous l’objet d’un exposé et d’un débat le 28 janvier.
Hommage à l’Espagne républicaine
Le 25 janvier, la Semaine de la Mémoire sera consacrée à l’Espagne martyrisée par le fascisme dès 1936. A cette époque, des milliers de militants s’engagèrent dans les Brigades internationales créées pour défendre la République espagnole dans la guerre civile qui l’opposait au fasciste Franco et à ses alliés, Hitler et Mussolini. Plusieurs dizaines d’Ivryens en firent partie. Dix d’entre eux périrent en Espagne. Une plaque à leur mémoire sera dévoilée rue Saint-Just.
« Ivry a toujours été très solidaire avec l’Espagne, explique José Fort, vice-président de l’Association des combattants en Espagne républicaine (Acer). Les brigadistes sont, comme ils le disaient, allés à Madrid pour sauver Paris. Ils avaient compris avant l’heure les dangers du fascisme. Leur lutte pour la démocratie reste un combat d’aujourd’hui. Commémorer les Brigades internationales s’inscrit dans ce combat. » En 1945, Ivry la solidaire, accueillit soixante-deux Espagnols rescapés des camps.
A 19 h, sera projeté à la médiathèque un documentaire les concernant. Réalisé par l’Ivryenne Anne Lainé (lire son portrait publié dans Ivry ma ville) avec des élèves du collège Molière, il retrace l’histoire de ceux qu’on appelait les Triangles bleus. Une nouvelle occasion, durant cette Semaine, de s’interroger sur la Mémoire et sur sa transmission.
Dominique Slimane
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Créé le mardi 24 janvier 2012 - Mis à jour le mardi 24 janvier 2012