Un Havre d’humanisme au Luxy
Quand un cireur de chaussures tend la main à un jeune Africain sans papiers… Avec « Le Havre », Aki Kaurismäki signe une magnifique ode à la fraternité. A l’affiche du cinéma Le Luxy actuellement.
Poignant d’amour, de sincérité et d’espérance, Le Havre vient d’obtenir le Prix Louis Delluc 2011.
Un conte de fée entre réalité et surréalisme. Dans Le Havre, Marcel Marx, un ex-écrivain devenu cireur de chaussures croise sur son chemin Idrissa, un enfant immigré originaire d’Afrique qui rêve de rejoindre sa mère en Angleterre. Marcel va alors affronter l’indifférence humaine. Avec l’aide des habitants de son quartier, il va se battre contre les lois et l’autorité, pour que le rêve de cet enfant devienne réalité.
« Le sort réservé aux extracommunautaires qui tentent d’entrer dans l’Union européenne est variable et souvent indigne, mentionne Aki Kaurismäki dans sa note d’intention. Je n’ai pas de réponse à ce problème, mais il m’a paru important d’aborder ce sujet dans un film qui, à tous égards, est irréaliste. »
Après Les Lumières du Faubourg, le cinéaste finlandais a posé ses caméras en France, dans le port du Havre, « une ville du blues, de la soul et du rock’n roll ». Une ville de musique donc (avec le chanteur Little Bob, mais pas seulement…), de poésie aussi, baignée par une incroyable lumière. Aki Kaurismäki nous transporte dans un quartier où souffle un vent de fraternité. C’est sobre et beau, c’est nostalgique et drôle à la fois. Un grand film par un grand cinéaste sensible et engagé.
Sylvie Moisy
Le Havre : du 4 au 29 janvier.
Le Luxy : 77 av. Georges Gosnat. 01 72 04 60 60.
Ciné-thé vendredi 13 à 14h
Créé le mardi 10 janvier 2012 - Mis à jour le mardi 10 janvier 2012
