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Faut-il reconstruire l’usine d’incinération ? Le sujet suscite des positions difficiles à concilier. Pour les uns, il s’agit de maintenir un service public de traitement des déchets ménagers. Pour les autres, il convient d’éviter un désastre écologique.  Lors des Assises de la Ville, le maire Philippe Bouyssou s’était engagé, en février dernier, à organiser un débat contradictoire, réunissant partisans et détracteurs du projet. Objectif : que les Ivryens puissent se faire leur propre opinion. Après plusieurs reports des deux parties, la date du 15 novembre prochain avait été retenue.

Situé à Ivry-Port, aux portes de la capitale, l’incinérateur actuel, qui se distingue par ses deux hautes cheminées, est géré par le Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Syctom). Il brûle les poubelles de 1,4 million d’habitants, sur un secteur géographique regroupant 12 arrondissements parisiens et 14 communes (dont Ivry). Construite en 1969, remise aux normes régulièrement, cette usine est aujourd’hui obsolète.

Le Syctom, qui est le maître d’ouvrage des  futurs travaux, considère que sa reconstruction est inévitable. Ses estimations démontrent qu’il y aura encore des déchets à incinérer dans les prochaines années, même s’il table sur une réduction importante des tonnages, en raison des politiques publiques menées.

Le collectif d’associations 3R (Réduire, Réutiliser, Recycler), lui, est opposé à une nouvelle usine. Il défend un plan alternatif que l’on peut résumer par la formule « zéro déchet et zéro gaspillage ». Tous deux, le Syctom comme le collectif 3R, avaient accepté de débattre ensemble mais ces derniers ont finalement choisi de ne pas participer.

« Nous avions espéré que vous organiseriez ce débat avant l’enquête publique afin que la population puisse donner son avis sur la reconstruction de l’usine d’incinération en connaissance de cause. Aujourd’hui il est trop tard », ont-ils écrit dans une lettre ouverte au maire d’Ivry le 26 octobre dernier.

Une décision qui intervient après plusieurs mois d’échanges entre le Syctom et le collectif 3R, dont deux réunions préparatoires au débat contradictoire.

« Je regrette profondément leur retrait de la démarche, mais je la respecte, explique Philippe Bouyssou. Sans le collectif 3R, un débat contradictoire n’a plus lieu d’être, puisque c’est eux qui portaient la contradiction. Le contexte et le calendrier étaient connus de tous. Même si l’enquête publique a validé le projet, nombre de questions restent à trancher. »

Ainsi le nouvel incinérateur dont la capacité est programmée pour brûler 350 000 tonnes (et non plus 700 000 tonnes comme aujourd’hui) sera-t-il suffisant, compte-tenu de la croissance démographique du territoire ? Une partie des déchets sera-t-elle récupérée par d’autres incinérateurs si besoin ? Ou encore, comment agir pour que les entreprises et la grande distribution limitent la production d’emballages et toutes formes de déchets ?

Des questions qui feront l’objet d’une réunion publique ultérieure, en 2019.

Catherine Mercadier

Dates clés

Du 22 mai au 25 juin 2018
Enquête d’utilité publique relative à la demande d’autorisation d’exploiter et reconstruire l’incinérateur des déchets ménagers, également appelé «unité de valorisation énergétique (UVE)» car la chaleur dégagée par l’incinération sera récupérée pour chauffer des appartements et des bâtiments publics.

31 juillet
Avis favorable de la commission d’enquête.

28 septembre
Délivrance du permis de construire par le préfet du Val-de-Marne. Il comprend la démolition de l’actuel incinérateur, appelé unité d’incinération des ordures ménagères (UIOM) et la reconstruction et l’exploitation d’une UVE d’une capacité réduite de moitié, soit à 350 000 tonnes.

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