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Humour noir et mélancolie se relaient dans ce spectacle destiné à tous les publics. © DR

Pesadilla - cauchemar en espagnol- est le titre du spectacle présenté à la mi-décembre sur la scène du théâtre Antoine Vitez. Il faudrait aussi parler d’humour à propos de cette œuvre étrange et envoutante de cinquante-cinq minutes. Aux croisements du burlesque et de l’étrange Pesadilla associe le rire décalé et la mélancolie. Piergiorgio Milano, chorégraphe-danseur-acrobate, aurait pu l’intituler « incubo », cauchemar en italien. «  Le titre rend hommage à Liniers, un dessinateur argentin de BD qui matérialise son propre cauchemar dans des formes tendres », confie le comédien transalpin. Pesadilla raconte avec tonitruance et sensiblité les obsessions d’un homme somnambule, partagé entre un rêve les yeux ouverts et une vie les yeux fermés. L’interprète s’inspire de la vie quotidienne, mais également de son propre vécu.

La répétition et la chute sont des archétypes dans l’écriture burlesque. Sur un mode inversé, la répétition et la chute sont également associées aux cauchemars. C’est le parti pris adopté, mais pour mieux le retourner et en rire sur un mode grinçant. Le personnage saute, rampe, roule, court, se contorsionne, se plie, se déplie, se replie. Il jouit d’une grande capacité à utiliser sa liberté de geste, aux confluences des techniques chorégraphiques de la danse et du cirque.

Seul en scène près de sa chaise dont il ne s’éloigne jamais plus loin qu’un jet de sarbacane, il croisera quelques animaux étranges et devra composer avec la peur récurrente du suicide. « Le spectacle est rempli de métaphores et se construit par couches, ce qui permet à chaque public d’y puiser quelque chose ».

Pesadilla a reçu le prix du meilleur spectacle de cirque 2017 en Belgique.

Frédéric Lombard

Le 15 décembre à 17h et le 16 à 16h au théâtre Antoine Vitez : 1 rue Simon Dereure. Réservations : 01 46 70 21 55 ou www.theatredivryantoinevitez.ivry94.fr

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