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Syctom : la parole est aux habitants

Le conseil municipal a adopté le principe d’un référendum d’initiative locale sur le projet de reconstruction de l’usine Syctom.

Puisque le débat public promis n’a pu avoir lieu - le collectif 3R (Réduire, Réutiliser, Recycler) opposé au projet ayant refusé d’y participer -, le maire Philippe Bouyssou a fait adopter, à l’unanimité, le principe d’un référendum d’initiative locale sur la reconstruction de l’incinérateur d’Ivry-Paris 13 du Syctom. Les opposants au projet ont l’impression de ne pas être entendus par les autorités, comme l’a prouvé selon eux la décision du préfet de délivrer, en septembre dernier, le permis de construire pour l’UVE (Unité de valorisation énergétique), première phase du projet.
« Il nous semble important d’entendre ce que les habitants ont à nous dire », a soutenu Atef Rhouma, du groupe Convergence Citoyenne Ivryenne (CCI), opposé depuis toujours au projet de nouvel incinérateur. Mourad Tagzout, lui, s’est félicité de cette initiative, rappelant que le groupe France Insoumise avait fait « dès la rentrée » une demande de référendum. « Sur de tels projets, nous ne pouvons plus faire sans consulter les habitants », a-t-il ajouté. « Personne ne veut de cette usine, si ce n’est le Syctom », a dénoncé le groupe Europe Écologie Les Verts.

Unanimité

Pour Fabienne Oudart, du groupe Front de gauche, Communistes, ensemble et Citoyens, ce référendum sera « une opportunité d’enrichir le débat sur ce projet et plus largement sur la question de la gestion des déchets ». « Pourquoi ne l’avons-nous pas fait plus tôt ? », a interrogé de son côté Sandrine Bernard, pour le groupe Socialiste. Le groupe Ivry Autrement est d’accord avec la démarche mais espère qu’il « n’y aura pas de déconvenue comme à Notre-Dames-des-Landes », où l’avis des votants n’a pas été pris en compte par l’État. « On est prêt à regarder les solutions alternatives, mais il faudrait nous expliquer comment réduire nos déchets », a interpellé de son côté Arthur Riedacker, du groupe Radical Citoyen.
À l’issue des débats, le conseil municipal s’est mis d’accord sur le besoin d’attendre les conclusions de la mission d’évaluation (MIE) menée actuellement par des élus avant d’organiser le référendum. Enfin, si Philippe Bouyssou souhaite inclure un minimum de participation de quatre villes et deux arrondissements parisiens pour donner plus d’ampleur au vote, il s’est rallié aux avis du conseil et fera en sorte que le référendum ait lieu, même uniquement à Ivry.  

Vers un encadrement des loyers

La Ville va demander à l’État la mise en œuvre de la mesure, permise par la loi Élan du 23 novembre 2018, afin d’enrayer la hausse des loyers

« C’est une impérieuse nécessité, une urgence sociale ». C’est par ces mots que Philippe Bouyssou a présenté au conseil municipal sa demande d’expérimentation de l’encadrement des loyers dans le parc privé, permise par la loi Élan*. À Ivry, le loyer pour un logement de 45 m2 s’élève en moyenne à 900 € ! « Il faudrait que la moyenne des loyers aujourd’hui baisse de plus de 35 % pour que cela devienne raisonnable au regard de la moyenne des revenus du territoire ! » avait auparavant déclaré le maire au micro du JT de France 2, le 6 décembre dernier.
À part le groupe d’opposition Ivry Autrement, qui a voté contre le projet au nom de la liberté du marché et pour « ne pas créer de nouvelles inégalités entre ceux qui vivent dans le périmètre », tous ont approuvé le dispositif. « La hausse continue des loyers a poussé les familles en grande banlieue, et trop de foyers sont logés de façon précaire », a dénoncé Pierre Chiesa pour le groupe Europe Écologie Les Verts. Pour Ouarda Kirouane, du groupe Front de Gauche, Communistes, ensemble et Citoyens, l’encadrement des loyers est indispensable, car « il est illusoire de penser que le marché va s’équilibrer entre l’offre et la demande ». Une mesure qui permettra également de conserver le caractère populaire de la ville, plaide-t-elle. Le groupe Socialiste, par la voix de Sigrid Baillon, a rappelé qu’il « ne pouvait pas y avoir d’ascenseur social sans un logement à coût décent ».

La ville soutient les gilets jaunes

Après avoir organisé une soirée de débat le 18 décembre, et ouvert des cahiers de doléances et d’exigences en mairie et dans les Maisons de quartier, la Ville a une nouvelle fois apporté son soutien au mouvement des gilets jaunes et des lycéens. Deux vœux – l’un du groupe Front de Gauche, Communistes, ensemble et Citoyens, l’autre du groupe France Insoumise – ont ainsi été adoptés par le conseil communal. Au-delà de ce soutien, les deux groupes exhortent également le gouvernement à « écouter cette colère (…) salutaire » par l’adoption de mesures sociales d’urgence. La France Insoumise, pour qui il aurait été « impensable de ne pas avoir de discussion sur ce sujet », allant même jusqu’à demander la dissolution de l’Assemblée nationale. Certains, à l’instar des élus Europe Écologie Les Verts, ont pu regretter qu’il n’y ait pas eu de vœu commun de la part de la majorité municipale. La droite, elle, n’a pas pris part aux votes.

Brèves

Collège Assia-Djebar

Philippe Bouyssou a été interpellé par le groupe Europe Écologie Les Verts, sur le chantier de dépollution du collège Assia-Djebar, à Ivry-Port. Une prolongation du chantier a été décidée en octobre par l’aménageur, Sadev 94. « Par précaution », a expliqué le maire, afin de permettre l’évacuation de façon définitive des nappes de mercure. Philippe Bouyssou a confirmé qu’une ouverture à la rentrée 2019 était « peu probable », et que la décision définitive appartenait de toute façon à l’État et au Département. Un rapport d’expertise déterminera qui devra prendre en charge les 7 millions d’euros de coût du chantier.

C’est voté !

Roms
Le conseil municipal a validé la stratégie de résorption des bidonvilles, engagée par la ville auprès des associations Alteralia et Convivances. 250 personnes (adultes et enfants) bénéficient d’un accompagnement social, sur 10 sites dans la ville. Plusieurs familles ont pu être relogées et/ou bénéficier d’un emploi salarié.

Tous à vélo
Pour favoriser l’usage du vélo, la Ville va demander au gouvernement de prévoir et d’autoriser, dans la future Loi d’orientation sur les mobilités (LOM), le cumul du remboursement des indemnités kilométriques vélos avec le remboursement de l’abonnement transport par l’employeur. En effet, cette possibilité n’a pas été prévue dans le projet de loi.
 

Philippe Gril

Prochain conseil : jeudi 14 février, 19 h 45, hôtel de ville.

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