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Nicolas Lambert pointe l’urgence que chacun s’empare de sa propre capacité d’expression afin de reconquérir la parole publique. © Erwan Temple

Pétrole, nucléaire, armes... C'est de ces trois sujets que Nicolas Lambert, comédien et metteur en scène, a choisi de s'emparer. Véritables chasses gardées, ces domaines - qui relèvent des responsabilités de l'État - sont gouvernés par des intérêts privés, occultes pour le commun des citoyens.

« Ce sont des zones où il n’y a pas de démocratie, explique Nicolas Lambert. D’où l’intitulé de mon spectacle, L’A-Démocratie. Je prends ces thèmes fondamentaux pour discuter du processus démocratique qui devrait être et qui n’est pas. »

Trois sujets, trois couleurs, trois parties d’un tout. Le triptyque se décline en un premier volet bleu pétrole avec Elf, la pompe Afrique (2004). Programmée en tout début de mois, cette pièce présente un des plus grands scandales politico-financiers sur fond de néocolonialisme et de corruption.

Le 10 février, le second volet, blanc nucléaire, Avenir, radieux, histoire d'une fission française (2011) interrogera la place majeure occupée par l’atome dans la politique énergétique et militaire de la France et ses non-dits.

Enfin, le 17 février, le dernier volet, rouge pour le sang des armes, Le maniement des larmes (2015) dessinera le portrait d’une nation française, troisième pays exportateur mondial d’armement…

Théâtre d’investigation

« Je me confronte aux faits en tant que média, détaille Nicolas Lambert. Sur ces trois spectacles, je suis documentariste. J’ai été chercher l’information, puis mis les faits sur le plateau en nommant les protagonistes. » À la frange du journalisme, il a assisté à de multiples procès, débats publics et exploré des milliers d’archives avant d’en rendre compte sur scène pour engager à la réflexion.

Un an de reportage et de recherches a été nécessaire pour chaque spectacle. Autant pour l’écriture de chacun. La programmation de ce triptyque, qui demeure aussi contemporain qu’il ne l’était à sa création, tombe à brûle pour point au vu du contexte social et politique actuel.

« Ce spectacle singulier et intelligent ne vieillit pas ! s’exclame Christophe Adriani, directeur du théâtre Antoine Vitez. Il interroge la démocratie et croise l’actualité qui résonne quel que soit le moment avec honnêteté, humour et générosité. »

Sylvie Moisy

L’A-démocratie au théâtre Antoine Vitez (1 rue Simon Dereure - 01 46 70 21 55) :
- Le 10 février à 16h : Avenir radieux, une fission française. Rencontre au bar à 14h30
 avant le spectacle avec Laure Noualhat, journaliste, co-autrice et réalisatrice de La minute nécessaire de Bridget Kyoto.
- Le 17 février à 16h : Le maniement des larmes. Rencontre au bar à 14h30 
avant le spectacle avec Benoit Collombat, journaliste à France Inter.

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