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« Ils disent : “Nous faisons la guerre pour apporter la paix, pour détruire les armes chimiques, au nom de Dieu, pour la civilisation, pour la démocratie.” Le monde ment ! » Après La nébuleuse vie de José Miranda (2009) et La brume (2014), Oscar Castro, directeur de la compagnie du théâtre Aleph, clôture sa trilogie avec La démocratie de la peur (2018). Une nouvelle création burlesque tragi-comique, dans laquelle les Rois mages sont à la recherche d’un ennemi non identifié… Quelque part dans le cosmos, le Tout-Puissant, Rigoberto, est athée. Le Diable, Nicanor, est à bout car son enfer est surpeuplé… Ce dernier reproche au premier d’avoir inventé le libre-arbitre. Quand le premier reproche au second d’avoir inventé la tentation. Sur terre, le ballet de nouvelles dans la presse sont mauvaises.

Au centre de ce chaos, entre le bien et le mal, José Miranda, personnage principal, essaie depuis toujours d’écrire une pièce de théâtre pour changer le monde. Son objectif ? Voir surgir une nouvelle ère pour l’humanité. Sinon, il sera crucifié. Mais José y parviendra-t-il ? À ses côtés, Dame Conscience veille, altière et sensuelle. « Le pouvoir se nourrit de peur. De peur, l’homme ne vit plus. La démocratie a peur de se souvenir. Le langage a peur d’écrire… L’homme a créé des commandements basés sur la peur… » L’enfer ne serait-il pas sur terre ?

Dans cet univers déjanté, aussi sombre que burlesque, surréalisme et humour s’invitent avec plaisir et malice à une analyse critique et philosophique de notre monde. « Le lien dans cette trilogie, c’est l’histoire du dramaturge José Miranda, explique Oscar Castro, metteur en scène, auteur et acteur. Au fil des pièces, cela va de pire en pire ! » Dans « La démocratie de la peur », les grandes décisions ne sont pas prises par les hommes élus démocratiquement mais par les grandes multinationales ! On ne s’attaque pas aux vrais responsables ! Les lobbys les paradis fiscaux… Voilà ce qui nous gouverne ! »

Sur scène, les acteurs endossent leur personnage fantasmagorique taillé sur mesure par un José Miranda alias Oscar Castro. Des décors simples et symboliques, des lumières tantôt crues tantôt tamisées, des chorégraphies originales et des tableaux quasi cinématographiques une musique signée par Jean-Jacques Lemêtre, célèbre compositeur du Théâtre du Soleil, apportent une élégance et une sobriété toute poétique.

« C’est une pièce super optimiste car l’auteur décide avec enthousiasme de continuer à travailler pour changer le monde !  poursuit Oscar Castro. Quand j’étais jeune, je pensais que je pouvais changer le monde. Maintenant que je suis vieux, j’en suis sûr ! Avec mes pièces, mon travail, ma passion et mon enthousiasme… Il n’y a rien de plus utopique que le théâtre. Au Chili, quand j’étais en prison, on faisait du théâtre à l’intérieur du camp de concentration. Pendant une heure, dans l’obscurité, une petite lumière s’allumait, celle de la liberté ! »

Sylvie Moisy

« La démocratie de la peur » écrite et mise en scène par Oscar Castro, jusqu’au 28 avril, les samedis à 20 h 30 et les dimanches à 18 h au théâtre Aleph, 30 rue Christophe Colomb.  Réservations : 01 46 70 56 85 - 06 08 58 80 29. www.theatrealeph.com

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