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Le 9 février à l’Espace des Confluences, cinq candidats avaient présenté leur projet. Parmi eux, trois ont été retenus. © David Merle

Ils ne sont plus que trois ! Ce sont les trois équipes réunies autour des architectes Nicolas Michelin, Catherine Tricot et Anne Mie Depuydt que la Ville et l’aménageur Sadev 94 ont décidé de retenir pour le deuxième tour de négociation visant à désigner celle qui sera chargée de concevoir et coordonner l’aménagement de la Zac Ivry Confluences.

Ce choix est fondé sur une analyse technique des projets et les observations des habitants. Ceux-ci avaient en effet été conviés à interroger les cinq derniers candidats, sur la trentaine au départ, lors de la rencontre publique du 9 février à l’Espace des Confluences. Ces cinq groupements avaient mis en avant leurs propositions et atouts en accordant une attention toute particulière à l’aspect concertation, un des principaux volets demandé par la Ville et l’aménageur Sadev 94, avec, entre autres, l’urbanisme et les espaces publics.

Le débat s’est poursuivi sur la plateforme de concertation « Ivry et Moi » ivryetmoi.ivry94.fr  autour des thématiques « Ce que j’attends de la conception urbaine » (14 contributions), « Ce dont j’ai besoin dans l’espace public » (16 contributions), « Ce que j’attends de la consultation des habitants » (11 contributions), « Mon avis sur les interventions des cinq candidats, les points positifs et négatifs des cinq équipes, ce qu’il faut améliorer » (4 contributions).

Un nouveau temps d’échange ouvert à tous a été proposé le 28 février, dans le cadre des « Ateliers du Jeudi Ivry Confluences » qui se tiennent les derniers jeudis soirs de chaque mois. Environ cinquante contributions ont été émises dont deux à titre collectif.

Parmi ces contributions citoyennes, on trouve pêle-mêle ; « donner une vision globale, une cohérence », « tisser des liens avec le Centre-ville », « créer des espaces de convivialité », « moins de béton, plus de vert » « agir vite », « que la parole se transforme en acte », « trouver des moyens d’impliquer le plus grand nombre »...

Les candidats ont ensuite complété leurs dossiers pour une nouvelle audition technique auprès de la Ville et de Sadev 94 qui a eu lieu en mars.

Selon la Ville et Sadev 94, les équipes conduites par Nicolas Michelin, Catherine Tricot et Anne Mie Depuydt répondent de manière satisfaisante à l’ensemble des attentes : donner une nouvelle vision du territoire, proposer une organisation de l’équipe et une méthodologie de travail pertinente et agile sur le temps long. Elles répondent également toutes à l’impératif d’ « agir vite » exprimé par les habitants. Le lauréat sera désigné mi-mai.

Les points forts des candidats

Nicolas Michelin (ANMA)

Le groupement formule une véritable stratégie pour accueillir des activités (économiques et commerciales) : par une gouvernance, une forme urbaine qui s’appuie sur la cour d’activité, des techniques de commercialisation et des prescriptions techniques qui s’imposent aux promoteurs (locaux commerciaux en pied d’immeuble avec des loyers évolutifs).

Le public a relevé la pertinence de l’échelle « micro-quartier » pour le projet et la concertation qui rend plus compréhensible le projet global. Le périmètre et les besoins de chaque micro-quartier seront définis en phase de concertation.

L’équipe propose d’impliquer les habitants dans la conception des espaces publics y compris sur les emprises déjà aménagées.

Sur le plan des intentions urbaines, le groupement propose l’alignement sur rue de bâtiments de hauteur basse, susceptibles d’accueillir des activités économiques et de grands volumes plus hauts rejetés en arrière.

Équipe : Atelier Altern Paysage (paysagiste), Zefco (développement durable), Les Saprophytes (concertation/préfiguration espaces publics), Trait Clair (concertation), Plateau Urbain (programme économique), Concepto (conception lumière).
 

Catherine Tricot

Le public a salué « une présentation ancrée dans le territoire » et de « nouvelles idées » enrichissant la vision du projet, ainsi qu’une importance donnée « à l’humain ».

En effet, le groupement propose une véritable réflexion sur la qualité de vie : santé, mobilité (avec une place particulière laissée aux déplacements à vélo), place des femmes dans l’espace public, tranquillité publique, construction d’ « un quartier jeune » (rendre le territoire accessible aux jeunes sur le plan résidentiel, de l’emploi de la formation professionnelle...).

La répartition des missions entre l’architecte urbaniste et la paysagiste est équilibrée et traduit une réflexion globale. Trois grands types de paysages sont identifiés : le tissu de faubourg, la grande échelle (le parc de la Confluence et son rayonnement jusque dans le Centre-ville) et les voies ferrées.

La volonté d’instaurer un dialogue avec les habitants est poussée. La proposition des « cafés hebdomadaires » traduit cette volonté de construire un lien de confiance et de partage de savoir-faire entre les concepteurs et la population.

Équipe : Florence Mercier (paysagiste), Groupe Rouge Vif (concertation/communication), Agence ON (conception lumière), ATM (gestion alternative de l’eau), Alphaville (programmation), Cronos (tranquillité publique), Etamine (développement durable), Genre et Ville (« mixité des espaces publics »), Novascopia (urbanisme et santé), Malte Martin (un regard d’artiste), YA+K (urbanisme transitoire/action culturelle)
 

Anne Mie Depuydt (uapS)

L’équipe développe une véritable stratégie paysagère autour de deux figures : « le bois alluvial habité » (la Seine comme inspiration) et « le parc arboré infiltré » (les coteaux comme inspiration).

La construction du paysage est pensée comme un moyen pour fédérer le territoire à l’échelle de la commune, pour l’inscrire dans l’échelon métropolitain, et pour tisser les relations entre espaces public et privé, à l’échelle du piéton. Le paysage est mis au service du projet urbain global avec le souhait de créer le parc en réseau imaginé dans le projet d’origine.

Son organisation met sur le même plan l’urbaniste et le paysagiste. Elle intègre l’enjeu environnemental dans chaque thématique. Par exemple, sur la question des espaces publics, ce sont les « fonctions pédagogiques, nourricières, de rencontre et de santé » qui sont mises en avant.

Il est à noter enfin un appui à la participation citoyenne original dans la démarche de « concert’action » via un diagnostic anthropologique (partir de la « climatologie sociale » du quartier et des imaginaires), une agora mobile, lieu de débat qui se déplace dans les quartiers...

Équipe  ACLAA (urbaniste), BASE (paysagiste), Zefco (développement durable), What Time Is It ? (Concert’action et maîtrise d’usage).

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