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Retrouver ses aïeux esclaves, tel est bien l’objectif de l’atelier de généalogie et d’histoire des familles antillaises proposé le 18 mai à la Maison de quartier du Plateau-Monmousseau dans le cadre des événements commémorant l’abolition de l’esclavage (voir le programme). Cet atelier hors du commun est initié par le Comité Marche du 23 mai 1998 (CM98), association née au lendemain de la manifestation silencieuse du 23 mai 1998 pour la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité.

« Ces recherches généalogiques permettent de se réapproprier l’histoire, de retisser la mémoire familiale et collective, explique Justin Sormain, administrateur du CM98. En retrouvant le premier homme ou la première femme libre qui a fondé sa lignée - le dernier esclave donc, on plonge dans la réalité. » Pour certains, la découverte est apaisante et permet de s’enraciner. Pour d’autres, elle est difficile à admettre… Les tabous sont encore là, conséquence d’un conditionnement de plus de deux siècles d’esclavage.

Quête des origines

En atelier, les recherches s’appuient sur une base de données généalogiques*. Elle a été constituée patiemment depuis 2006 par les bénévoles de l’association qui ont déchiffré les registres créés au lendemain du décret du 27 avril 1848 abolissant l’esclavage. En Martinique et en Guadeloupe, 160 000 hommes, femmes et enfants, soit 60% à 70% de la population des deux îles, sont alors devenus des citoyens. Ces « nouveaux libres » qui n’avaient jusqu’alors qu’un prénom, et à partir de 1839 un matricule, se sont vu attribuer des noms de famille répertoriés dans ces fameux registres.

Au-delà de l’investigation généalogique, l’atelier permet de comprendre comment leurs familles se sont construites pendant et après l’esclavage. « Mon ancêtre était esclave. Et alors ?! Pourquoi en faire un handicap ? revendique Justin Sormain. Se réapproprier son passé sans avoir honte peut permettre d’être bien dans sa tête et dans son corps, et ne pas être déraciné. »

Sylvie Moisy

* En ligne sur anchoukaj.org

Voir le programme complet au format pdf

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