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« Le Tartuffe » inaugure la tétralogie Molière (avec « Le Misanthrope », « L’Avare » et « Dom Juan »), que Nicolas Hocquenghem va mettre en scène dans les prochains mois. © CTC2019

À l’époque de Molière, ce n’est pas par le biais des réseaux sociaux que l’on « balance son porc », c’est en alexandrins. Et ça claque comme une paire de gifles ! Ces féministes avant l’heure ? Dorine, suivante de la jeune Mariane que son père, le crédule Orgon, promet à Tartuffe, le faux dévot. Mais surtout Elmire, femme d’Orgon, elle aussi (#metoo) victime des avances de l’imposteur, dont elle fera tomber le masque par sa roublardise.

On croit bien connaître cette œuvre majeure de Molière, mais c’est une vision inédite que nous propose Nicolas Hocquenghem, inspirée de la première version jouée devant Louis XIV et la cour, le 12 mai 1664, et aussitôt interdite par le roi. Jouée en trois actes au lieu de cinq, « elle est plus compacte, plus directe, plus caustique aussi. En tout cas plus adaptée à aujourd’hui », explique le metteur en scène.

Dans un décor et une mise en scène épurés, Nicolas Hocquenghem a comme ambition « de faire entendre le texte comme on ne l’a finalement jamais entendu, avec rigueur et modernité, sans emphase et droit au but. Je souhaite révéler cette pièce au spectateur et lui donner l’impression qu’il la redécouvre ». Si la pièce date du XVIIe siècle, le message lui, est plus que jamais d’actualité. « C’est bien aux spectateurs du XXIe siècle que ces vers sont adressés, insiste Nicolas Hocquenghem. Car au temps des "fake news", de la "post-vérité" et des "faits alternatifs", à l’heure des populistes et des intégristes, notre Tartuffe nous fait bien rire aux éclats, et on en a bien besoin ».

Philippe Gril

Le Tartuffe ou l’Hypocrite, mise en scène de Nicolas Hocquenghem, les 9, 10 et 11 mai à 20h, au théâtre Antoine Vitez : 1 rue Simon Dereure. Réservations au 01 46 70 21 55.

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