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Au lieu des panaches blancs habituels, des fumées noires se sont échappées du toit du centre de traitement des déchets ménagers du Syctom à Ivry-Port.

Des fumées noires se sont échappées du toit de l’usine d’incinération des déchets ménagers du Syctom* d’Ivry-Paris XIII, le 31 mai en fin de matinée. Des rejets dans l’atmosphère qui seraient intervenus entre 10h17 et 10h23, et entre 12h12 et 12h18. Un incident technique provoqué par une panne générale d’électricité, dans le cadre de travaux de maintenance. Résultat, les fumées n’ont pu être filtrées durant quelques minutes. Depuis, le centre qui fait l’objet de débat sur sa reconstruction et d’une consultation publique le 29 juin (lire notre dossier dans Ivry ma Ville) est à l’arrêt, jusqu’au 14 juin, pour des travaux de maintenance qui étaient déjà programmés.

« C’est un fait rarissime qui s’est produit durant sept minutes. Un incident similaire avait eu lieu en 2011 pendant vingt-cinq minutes, explique Martial Lorenzo, directeur général des services du Syctom. Les analyses réalisées alors avaient démontré qu’il n’y avait pas eu d’effet significatif sur l’environnement sur une année. Les fumées non filtrées contiennent les polluants habituels liés à l’incinération : CO2, dioxines, particules fines… Les feux d’artifices du 14 juillet polluent davantage. »

Le préfet interpellé

Les riverains, les élus Europe Écologie Les Verts ou encore le collectif 3R ne partagent pas cet avis, tout comme le maire Philippe Bouyssou. Le 3 juin, l’édile a interpellé le préfet de région Michel Cadot :

« Compte-tenu des inquiétudes fortes et légitimes des habitants concernant l’impact environnemental et sanitaire de cet incident, je demande que l’arrêt pour maintenance soit prolongé jusqu’à ce que les résultats d’analyse soient connus et qu’un avis formel de la Préfecture et de la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (DRIEE) soit officiellement donné. »

Philippe Bouyssou a rappelé la position unanime du conseil municipal demandant la mesure de l’ensemble des composants émis, notamment les dioxines et furanes bromées. Enfin, il a spécifié qu’il souhaitait que les déchets soient orientés vers d’autres centres de traitement, durant la maintenance, afin d’éviter des nuisances olfactives dans le quartier. Le Syctom s’est engagé à rendre publics les résultats des analyses la semaine prochaine.

Catherine Mercadier

*Syctom, syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères qui compte 15 communes adhérentes : Cachan, Charenton-le-Pont, Gentilly, Ivry-sur-Seine, Joinville-le-Pont, Le Kremlin-Bicêtre, Maison-Alfort, Montrouge, Saint-Mandé, Saint-Maurice, Villejuif, Vincennes, Vitry-sur-Seine, Valenton, ainsi que Paris (douze arrondissements).

Lire le dossier d’Ivry ma ville de juin 2019 consacré au devenir de l’usine de traitements des déchets du Syctom.

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