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© Mairie d'Ivry-sur-Seine - Fred Iriarte

Dans quel cadre menez-vous un atelier photographique à la Maison de quartier d’Ivry-Port ?

Le Collège international de photographie du Grand Paris m’a commandé ce travail, il va prochainement s’installer à Ivry [NDLR : sur une petite parcelle de l’ex-usine des eaux, en bord de Seine]. J’ai souhaité profiter de cette résidence d’une année pour montrer la vie et la spécificité de la Maison de quartier.

J’aime beaucoup photographier les espaces pour en montrer les usages. Comment les gens vivent ici, dans cette configuration, sur ce territoire ? J’adore notamment les photographies d’intérieurs, j’en ai réalisées des centaines ! Je les cadre souvent sans leurs occupants. Il en ressort des portraits en creux, sur leur mode de vie, leur histoire personnelle… 

Quelle a été votre approche à Ivry ?

Après deux mois d’observation, avec juste un carnet de notes, j’ai décidé de mettre en place un atelier participatif et collectif où il s’agit de photographier ensemble, de croiser les regards. Les questions techniques sont, elles, abordées lors de la prise de vue. Une dizaine de femmes se sont inscrites. Elles avaient envie de réaliser des images en extérieur, de questionner leur place dans l’espace public. En dehors de la Maison de quartier, il n’y a pas vraiment de lieu où elles peuvent passer du temps à Ivry-Port.

De mars à juin, nous avons effectué des « marches photographiques » par groupe de quatre personnes. Lors de ces séances, nous avions chacune un appareil et cela nous a donné une grande liberté de mouvement. Au fil du temps, nous nous sommes photographiées mutuellement. Notre sujet est devenu : comment des femmes réalisent des images et se photographient entre elles, ici ? Et bien sûr, que voulons-nous montrer de ce quartier ? Nous sommes chacune détentrices de notre regard et cette conscience peut faire bouger les lignes pour nous toutes.

La photographie est-elle une science sociale ?

Je m’inscris dans une tradition de photographie documentaire, j’aime beaucoup l’œuvre de Jacqueline Salmon, Philippe Bazin ou encore d’Eugène Atget qui a réalisé d’incroyables photos d’appartements parisiens au début du XXe siècle. Mon travail est nourri par les sciences sociales, je réalise toujours des entretiens avant de photographier. Mais rappelons que ma discipline ne vise pas l’objectivité car le sujet, le cadre résultent d’un choix, d’un point de vue.

Je collabore souvent avec des sociologues et des anthropologues, notamment avec le collectif de chercheurs « Penser l’urbain par l’image ». Pour eux, la photographie n’est pas une simple illustration, elle propose une lecture du réel tout comme la sociologie. C’est aussi un formidable moyen de faire des rencontres, de découvrir des mondes. C’est une aventure humaine !

Propos recueillis par Catherine Mercadier

Mini bio

1982 : naît à Toulouse.

1988 : premier appareil photographique.

2001 : étudie la photographie à l’université Paris VIII où elle obtient un master, puis un doctorat.

2009 : premier travail sur les intérieurs de logements à la Goutte d’Or à Paris, puis dans différentes villes en France.

2013-2016 : projet participatif avec quinze femmes gitanes de la cité de l’Espérance près de Carcassonne.


Au programme du rendez-vous des sciences

Du mardi 5 au samedi 9 novembre 2019 à la Maison municipale de quartier Ivry-Port (46 rue Jean-Jacques Rousseau).
Entrée libre. Renseignements et réservations : 01 72 04 63 26 ou IvrySciences@Ivry94.fr

Le 5 novembre

  •  Projection et rencontre

- Projection des travaux du groupe de photographes amateurs de la maison de quartier, formé autour de la photographe et chercheure Hortense Soichet.
- Présentation du futur Collège international de photographie du Grand Paris par Michel Poivert, président de l’association de préfiguration, et du groupe de recherche « Penser l’urbain par l’image » par la sociologue et photographe Cécile Cuny.
19h-21h, gratuit.

Le 6 novembre

  • Visite enfants-parents

Visite en famille du Palais de la découverte à Paris : manipulations, expériences, exposés et rencontres avec des scientifiques, de l’astronomie aux sciences de la vie en passant par les mathématiques et l’optique. Gratuit, sur réservation, à partir de 8 ans. Départ collectif de la maison de quartier à 13h.

Le 7 novembre

  •  Rencontre : lumière et photographie

Lumière et photographie sont intimement liées, « photographier » vient du grec « photos » qui signifie lumière et de « grapho », écrire ou dessiner. Mais qu’est-ce exactement que la lumière ? Des ondes? Des particules ? Comment le photographe peut-il dessiner avec elle ? Comment les plantes en tirent-elles de l’énergie ? Physiciens, chimistes, biologistes et photographes répondent à vos questions. Avec : Michel Verdaguer, professeur émérite à Sorbonne Université, Mireille Tadjeddine, professeure émérite à l’ ENS Cachan, Charles Fosseprez, doctorant au Centre de recherches interdisciplinaires, Léa Habourdin, photographe plasticienne.
De 19h à 21h, gratuit.

Le 8 novembre

  • Cinéma : soirée spéciale « lumière » au Luxy (77 avenue Georges Gosnat)

Une soirée avec Sylvain Verdet, directeur de la photographie, prix Lumières 2016, qui présentera le rôle essentiel de la lumière au cinéma grâce à une sélection de deux films :

• 18h30 : Ultra Pulpe de Bertrand Mandico, sur lequel il était directeur de la photographie (interdit au moins de 12 ans)

• 19h30 : restauration

• 20h : La Mort de Dante Lazarescu de Cristi Puiu, qui a contribué à lui faire choisir ce métier.
Soirée complète 11 € / 8€.

Le 9 novembre

  • Atelier photographique enfants-parents

Redécouvrez, en compagnie d’un photographe professionnel, la photographie d’avant les appareils numériques, dans le laboratoire/chambre noire de l’EPSAA, à la Manufacture des Œillets, et réalisez vos propres sténopés, photogrammes et tirages négatifs.
Gratuit, sur réservation, à partir de 8 ans.
Deux groupes : 14h-16h et 16h-18h.

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