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Les Lusifers arrivent à Créteil, le 18 décembre. © Mairie d’Ivry-sur-Seine - Frédéric Iriarte

« Quelqu’un sait s’il faut  tourner à droite ? » Créteil a beau être à quelques kilomètres seulement d’Ivry, pas facile, ce mercredi 18 janvier, de trouver le chemin du Palais des sports Robert Oubron, où se jouera un derby capital pour le maintien. « Direction université ? Oui c’est bon ». Le chauffeur du bus affrété par l’USI pour transporter ses supporters est soulagé. Finalement, le Palais des sports Robert Oubron apparaît. « Personne ne sort sans maquillage rouge et noir ! », ordonne Sylvia Diez Morales, vice-présidente des Lusifers, le club des supporters d’Ivry. Le temps de décharger le matériel – tambours, drapeaux et cornes de brume -, et la trentaine de supporters qui ont fait le déplacement en bus pénètrent dans la salle.

Ce déplacement chez notre meilleur ennemi, ils ne l’auraient raté pour rien au monde, même si avec les années, la rivalité Ivry - Créteil a un peu perdu de son intensité. « Dans les années 80 et 90, c’était chaud », se souvient André, membre des Lusifers. « À cette époque la rivalité était aigüe, confirme Jean, retraité et supporter de toujours de l’USI. C’était une querelle de clocher, parce qu’on est proche géographiquement. On avait des titres, alors que Créteil, non. Et puis il y a des similitudes entre les deux clubs, tous deux formateurs. Maintenant, les relations sont correctes ». « Aujourd’hui, c’est plus avec Tremblay qu’il y a une rivalité. Des échanges de joueurs ont créé des contentieux entre les deux clubs », explique Sylvia.

« On va les battre de 20 buts ! »

Créteil – Ivry, un match finalement comme les autres ?  Ce n’est pas l’avis en tout cas des plus jeunes. Six enfants de l’équipe des U13 (moins de 13 ans) sont venus soutenir l’équipe première avec leur entraîneur, Virgile Pierquin, qui prévient : « Quel que soit la catégorie d’âge, on doit toujours battre Créteil. Peu importe la manière ! ». Gaspard, Paul, Nil, Adam, Gabriel et Nicolas sont fiers d’annoncer qu’ils ont battu leur rival cristolien de 9 buts dans leur championnat du Val-de-Marne !  Un pronostic pour ce soir ? « On va les battre de 20 buts ! », rigolent-ils. Tous sont heureux en tout cas d’être présents ce soir pour soutenir l’équipe - « ça fait rêver de voir les pros », dit l’un d’eux -, et sont fiers de jouer sous les couleurs Rouge et Noir. « Paris, c’est l’argent ! Nous, on est un bon club formateur. Il y a de la bonne humeur, tout le monde se connaît ».

Avant le coup d’envoi, la troupe venue en car est rejointe par d’autres supporters d’Ivry venus par leurs propres moyens. Ils sont une cinquantaine, maintenant, à encourager sans relâche les hommes de Sébastien Quintallet. Ça chante, ça pousse, ça râle – « Mais si il y a deux minutes ! », rouspète un supporter, maillot de Benjamin Bataille sur le dos. Mais au fil des minutes, le désespoir prend le dessus, quand Créteil prend le large. 27-23 à cinq minutes de la fin, la défaite d’Ivry se profile. « Quand ça veut pas… », lâche Sylvia, amère, après un nouvel arrêt du gardien adverse. Score final : 27-24 pour les locaux. Le Palais des sports explose. Le contraste est saisissant avec les supporters ivryens, déçus par cette septième défaite consécutive de l’USI qui vient plomber le bon début de saison. Ivry est maintenant 10e, à un point de la zone de relégation. Surtout cette défaite relance Créteil dans la course au maintien.

« Ils ont lâché ce soir »

Sur le chemin du retour, les mines sont tristes dans le car. « On est désespérés », lâche Sylvia. « Ils ont lâché ce soir », dit Jean. « Il fallait le gagner ce match, tranche Julie, présidente des Lusifers. C’est le deuxième match, après Chartres, qu’on perd contre un adversaire direct pour le maintien. On n’a pas envie de repartir sur une saison comme celle de l’an dernier (Ivry avait fini 10e et s’était sauvée à la dernière journée grâce à la défaite de Cesson-Rennes, NDR) ».

Malgré les déceptions, tous seront encore là tout au long de la saison pour supporter leur club de cœur. « L’USI, c’est un club familial, avec des valeurs. Avec les défaites, c’est dur de supporter Ivry, mais on est passionné et on apprécie les joueurs. On va continuer à venir les encourager ». « On est fidèles, que ça gagne ou que ça perde, ajoute Sylvia. On aime l’esprit familial, les valeurs du club, son histoire. Et il y a cette proximité avec les joueurs… tout ça nous plaît ».

Philippe Gril

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