
Les deux cheminées bien connues d’Ivry n’en ont pas tout à fait fini de dégager leur panache. L’ancienne usine d’incinération des ordures ménagères, active depuis 1969, va devoir en effet poursuivre son service un peu plus longtemps que prévu. Dans un communiqué paru le 11 décembre, le Syctom, acteur public chargé de la gestion des déchets en région parisienne, dévoile un nouveau planning. L’Interval, nouvelle unité de valorisation énergétique des déchets ménagers qui va succéder à l’ancien incinérateur, sera mise en service au plus tard le 30 septembre 2026, et non fin 2025 comme initialement annoncé.
Le 24 décembre, le maire Philippe Bouyssou a écrit à Corentin Duprey, président du Syctom pour « réitérer officiellement [son] regret concernant ces retards » et « solliciter de [sa] part une nouvelle communication sur deux points, eu égard aux interrogations qui persistent pour les Ivyen·nes, et notamment les personnes vivant à proximité de l’incinérateur ». Premier point : les coûts de travaux importants que le Syctom va devoir engager pour assurer la poursuite de l’incinérateur actuel. « Les travaux de GER (gros entretien réparation) s’élèvent à 29,43 M€ HT depuis mai 2024, dont 11,68 M€ HT de travaux de maintenance déjà programmés en 2026 », décrit en effet le communiqué du Syctom, lequel précise qu’afin de sécuriser le bon fonctionnement de l’usine actuelle jusqu’à la mise en service de L’Interval, des arrêts techniques sont programmés pour les deux lignes de traitement des déchets de janvier à juin 2026. Le Syctom demande en parallèle des pénalités à l’exploitant Suez au titre des retards pris dans la mise en service de l’UVE. Quels seront les « impacts financiers attendus pour les collectivités et les usager·ères du traitement des déchets ? », questionne le maire.
Surpression
Deuxième point soulevé par Philippe Bouyssou : « La préoccupation des nombreux·ses Ivryen·nes suite à la publication de l’article du Parisien daté du 15 décembre, dans lequel le Syctom précise que les retards liés au démarrage de l’UVE sont notamment dus à “une surpression survenue dans une gaine vapeur basse pression” le 6 octobre. » Cet incident n’aurait engendré que des dégâts matériels et non environnementaux, mais, écrit le maire au président Corentin Duprey, « vous conviendrez que tel que décrit dans la presse, il peut légitimement inquiéter les habitant·es, en l’absence de détails sur sa nature, sa durée et ses impacts ».
Enfin, dans son courrier, Philippe Bouyssou « réitère [son] souhait de mettre en place un groupe de travail associant l’ensemble des acteurs concernés(Syctom, État, Agence régionale de santé, exploitant) afin de s’accorder sur les contours du périmètre de surveillance de la future UVE, ainsi que sur les mesures environnementales qu’il conviendra de prendre en compte dans le cadre de son exploitation ».
Thomas Portier
