
« Nous, ce qu’on veut, c’est le Rep pour tout Ivry, c’est le Rep pour être en vie ! » Au mégaphone, puis dans le cortège, les chansons et slogans sont scandés avec entrain entre le collège Gisèle Halimi et l’école Anne Sylvestre. Une centaine de parents d’élèves, professeurs et personnels éducatifs ont défilé, flambeaux en main ce 29 janvier. Des élus locaux étaient présents, l’adjointe au maire Fabienne Oudart et la conseillère départementale Lamya Kirouani. Tous ont réclamé le rattachement de l’ensemble des établissements scolaires d’Ivry au Réseau d’éducation prioritaire (Rep).
À l’origine de cette mobilisation : une menace contre le statut Rep du collège Henri Wallon. La principale de celui-ci et deux professeurs ont en effet été auditionnés le 9 janvier à la direction départementale de l’Éducation nationale, à Créteil. Deux autres collèges du Val-de-Marne étaient également convoqués au motif que leur Indice de position sociale (IPS) dépasserait 95. L’IPS est l’un des indicateurs donnant accès au Rep.
Semaine noire
Après une première mobilisation le 9 janvier, plusieurs actions ont été menées dans les écoles et collèges du 26 au 30 janvier : rendez-vous devant la circonscription d’Ivry, "collège sans enfant" à Gisèle Halimi, écoles fermées, grèves… « C’est une semaine noire parce que l’Éducation nationale "étudie" la sortie du collège Wallon du Rep et que le gel perpétuel de la carte d’éducation prioritaire par manque de courage de nos gouvernements successifs fragilise chaque jour un peu plus les élèves issus des milieux favorisés », dénonce Judith Lopès, déléguée FCPE des parents.
Rappelons que l’éducation prioritaire limite les effectifs de classe à 24(avec des classes de Grande section, CP et CE1 dédoublées), renforce les équipes de vie scolaire et les personnels médico-sociaux. « Au collège Assia Djebar, nous avons des élèves qui ne viennent pas de Rep, comme ceux issus de l’école Anne Sylvestre et nous constatons des lacunes en français ou en mathématiques », précise une enseignante du nouveau collège d’Ivry-Port.
Des professeurs du lycée Romain Rolland se sont joints à la manifestation. Près de 80% d’entre eux étaient en grève ce 29 janvier à l’annonce d’une perte de 45 heures hebdomadaires d’enseignement qui menace des options tels l’italien ou le théâtre. Des lycéens ont même lancé une pétition à ce sujet. Quant au personnel éducatif et aux parents, ils appellent à un rassemblement le 7 février, à 9h, devant l’établissement, 17 rue Lucien Nadaire.
Les 29 et 30 janvier, la communauté éducative d’Alfortville, notamment les enseignants du collège Léon Blum (dont le statut Rep est menacé), était également mobilisée. Après une marche aux flambeaux le 29, elle a rencontré leurs homologues ivryens le 30 sur le pont reliant les deux communes, du côté de Chinagora. En plein air, et après quelques accolades, ils ont repris en chœur : « On est là, même si le ministre ne le veut pas, nous, on est là ! Pour l’égalité, notre école, on veut la garder ! »
Catherine Mercadier
Rassemblement devant le lycée Romain Rolland (17 rue Lucien Nadaire) le 7 février à 9h pour défendre les options (italien, théâtre…), la richesse des spécialités enseignées et même les activités sportives proposées.