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© Mairie d’Ivry-sur-Seine - Frédéric Iriarte

Sa pugnacité a payé. Claude Mangin a obtenu un droit de parloir pour rendre visite à Naâma Asfari, son mari emprisonné à Kénitra au Maroc. Et ce, après trente mois d’interdiction d’entrée sur le territoire marocain, quatre expulsions et une grève de la faim d’un mois. Les autorités ont accordé deux rencontres d’1h30 les 14 et 15 janvier à l’épouse du militant pour l’indépendance du Sahara occidental, condamné à trente années d’emprisonnement, et citoyen d’honneur d’Ivry.

« J’ai appris la nouvelle avec surprise alors que j’étais chez mes parents le 26 décembre, raconte Claude Mangin. Mon mari savais que je viendrais mais sans connaître la date : dans la prison de Kénitra où il est incarcéré depuis dix-huit mois, l’accès au téléphone est très limité. »

Naâma Asfari, que sa femme a plutôt trouvé en bonne forme, a écrit un message à cette occasion : « Nous espérons que cette décision est guidée par une bonne volonté et qu’elle sera suivie de beaucoup d’autres actes qui dans un futur proche confirmeront cette volonté d’arrêter la politique de représailles systématiques et de vengeance que nous subissons depuis un an et demi. Nous espérons que c’est le début du respect de tous nos droits en tant que détenus de guerre (civils) et tout particulièrement celui de notre droit au transfert en territoires occupés avant notre libération inconditionnelle. »

Pourquoi l’autorisation de visite a-t-elle accordée maintenant ? Certes, des  tractations ont été menées entre les gouvernements français et marocains, notamment depuis la grève de la faim de Claude Mangin au printemps dernier. Mais selon elle, « j’interprète cette décision comme une volonté du gouvernement marocain de reprendre contact avant qu’une table ronde sur l’autodétermination du peuple sahraoui n’ait lieu en mars. Le dossier des prisonniers politiques sera abordé. Nous ne pensons cependant pas que ceux-ci seront libérés. »

Claude Mangin et ses soutiens restent déterminés. « Je continuerai de m’exprimer le plus possible pour contrecarrer la politique d’invisibilisation du peuple sahraoui », déclare-t-elle. Par ailleurs, du 24 février au 1er mars, elle participera à une délégation composée de journalistes et politiques, dont quatre Ivryens, les adjoints au maire Séverine Peter, Bozena Wojciechowski, Mehdy Belabbas et Marianne Petit, médecin-directeur du Centre municipal de santé, dans les camps de réfugiés de Tindouf (Algérie).

Thomas Portier

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