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Crédit : Mairie d’Ivry-sur-Seine - David Merle

Gestion de l'eau : pour une régie publique 

La gestion de l’eau potable peut-elle rester entre les mains du privé - en l’occurrence, une multinationale - ou doit-elle devenir publique ? Depuis 1922, l’eau potable à Ivry (et dans 150 autres communes de la région) est gérée par le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif), qui l’a lui-même déléguée à Veolia (ex-Vivendi), chargée de produire et distribuer l’eau. Ivry et huit autres villes (Vitry, Le Kremlin-Bicêtre, Gentilly, Arcueil, Cachan, Fresnes, Chevilly-Larue et Orly) de l’Établissement public territorial (EPT) Grand-Orly Seine Bièvre souhaitent créer leur propre régie publique de l’eau.

La convention qui lie l’EPT, compétent sur la question de l’eau, et le Sedif prend fin au 31 décembre 2020. Ivry souhaite une prorogation (un prolongement) d’un an de cette convention afin de consulter sa population sur cette question essentielle. Il était donc demandé ce 10 décembre au conseil municipal de prendre acte de la demande de prorogation de la convention avec le Sedif, et en cas de refus de ce dernier, de prendre acte de la demande auprès de l’EPT de ne plus adhérer au syndicat des eaux.

Dans sa présentation, le rapporteur Clément Pecqueux (Génération.s),  a rappelé que la remunicipalisation de la gestion de l’eau présente plusieurs avantages : mettre fin au mauvais entretien des canalisations (on estime à 30% les pertes en eau à cause de fuites), permettre la mise en place de tarifs sociaux, et remettre les citoyens au cœur de cet enjeu.

Opportunité historique

Sabrina Sebaihi, pour Europe Écologie Les Verts, y voit « une opportunité historique ».« Le prix de l’eau est 25% moins cher dans une régie publique puisqu’il n’y a plus d’actionnaires à rémunérer. Les investissements dans les infrastructures sont plus importants. Le choix de la gestion publique de l’eau est fondamental. »

Une vision que ne partage pas Sébastien Bouillaud pour Ivry autrement, pour qui « le modèle du Sedif a prouvé son efficacité en termes de sécurité, d’hygiène ». « Qu’en sera-t-il à l’avenir ? Nous n’avons aucun élément chiffré ou comparatif pour nous aider à décider. Il me semble prématuré de trancher », estime-t-il.

« On s’inquiète des conséquences pour les habitants, déclare quant à lui Philippe Hardouin, du groupe Ivry c’est vous. Mesure-t-on tous les investissements à réaliser ? ». Son groupe propose la création d’un « conseil de l’eau », « pour veiller à ce que toute la transparence nécessaire soit apportée afin que la meilleure décision soit prise ».

Si la majorité a voté pour la délibération, Ivry c’est vous s’est abstenu et Ivry autrement a voté contre.

Philippe Gril

Prochain conseil municipal jeudi 11 février à 19h30, à l’espace Robespierre. Suivez sa retransmission en direct sur ivry94.fr et la page Facebook @ivry94.

Logement social : toujours en tension

Lors de ce conseil, Romain Marchand a présenté (sans vote) le bilan de la politique d’attribution des logements sociaux de la précédente mandature (2014 – 2020).

La Ville a beau compter 38% de logements sociaux (soit 10 371 logements), en avoir livré 1 360 nouveaux durant le précédent mandat (soit une augmentation de 15%), elle n’arrive pas à répondre à la demande. Celle-ci a explosé sur la période (+72% !), a rappelé Romain Marchand, adjoint au maire en charge de la coordination des politiques d’attribution du logement social. Parce qu’elle n’a la main que sur 30% du parc social de la Ville (le reste relevant de la préfecture et d’Action logement, ex-1% logement), la Ville n’arrive, sur son contingent, à attribuer que 400 logements par an alors qu’il y a 8 000 demandes en attente..

Mission d’information

Pour Philippe Hardouin, du groupe Ivry c’est vous, « notre commune se doit de mener une politique d’ensemble et l’horizon ne peut se réduire à augmenter le pourcentage d’habitat social, pour lequel la ville a fait plus que sa part. Il faut sortir notre ville des ornières de la pauvreté, ce qui passe par la création de richesses et par des gains fiscaux qui bénéficieront à l’ensemble des citoyens et améliorera la politique d’habitat social ».

« Chaque Ivryen est en droit de savoir comment et pourquoi il a obtenu ou non un logement social, estime de son côté Sébastien Bouillaud, du groupe Ivry autrement. Il faut améliorer le système de cotation. C’est un vrai enjeu pour le mandat qui commence. »

La prochaine mise en place de la Mission d’information et d’évaluation (MIE) sur la question des logements sociaux, qui regroupera toutes les sensibilités de l’assemblée communale, doit permettre de réfléchir à ce sujet majeur pour les habitants, en toute transparence justement.

En bref

La Poste
Malgré sa réouverture depuis le 1er décembre après un mois de fermeture, le bureau de Poste d’Ivry-Plateau voit ses missions restreintes : il faut aller dans un supermarché voisin pour retirer ses colis ou recommandés. Les élus ont adopté un vœu pour le maintien du niveau de service public de La poste à Ivry. Tous ont voté pour, sauf ceux du groupe Ivry c’est vous qui se sont abstenus.

École provisoire
Le conseil municipal a validé la réalisation d’une école provisoire à Ivry-Port pour la rentrée 2021, afin de répondre à la croissance des effectifs. Elle comprendra notamment six salles de classes. Son coût : deux millions d’euros. Cette école permettra d’attendre la livraison, à la rentrée 2022, du nouveau groupe scolaire pérenne. Le groupe dénomination se réunira en janvier pour baptiser l'école.

Travail dominical
L’assemblée communale a émis un avis favorable à la demande d’ouverture des commerces de détail pour cinq dimanches de 2021 (le 5 septembre et les quatre dimanches de décembre), soit le minimum autorisé par la loi (douze par an). Une décision qui a fait débat jusqu’au sein de la majorité, dont plusieurs membres se sont abstenus ou ont voté contre cette délibération. 

Sahara Occidental
Le conseil municipal a adopté un vœu de soutien à Naâma Asfari, citoyen d’honneur de la Ville et mari de l’ivryenne Claude Mangin, et aux 18 autres militants sahraouis emprisonnés comme lui depuis 10 ans dans les geôles marocaines. La municipalité exige sa libération et l’ouverture de négociations entre le Maroc et le Sahara occidental.

Philippe Gril

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