
Elle s’appelle Jessica Awad, a 24 ans et vient de la petite ville de Jifna, située à 7 km de Ramallah, en Cisjordanie. Lui s’appelle Mohammad Najjar, a 34 ans et vient du camp de réfugiés de Jalazone, près de Jifna. Ces deux Palestiniens sont arrivés à Ivry ce 7 avril 2026, dans le cadre des accords de coopération et d’échange qui lient depuis 2012 notre ville à Jifna et Jalazone. La petite délégation a participé durant son séjour en France à plusieurs événements sportifs : découverte de l’escalade avec l’association Ivry Montagne Escalade, Amicittà (course des élèves d’élémentaire pour la paix) et Vivicittà. L’idée était pour eux de découvrir de nouvelles pratiques sportives et de se sensibiliser à l’organisation de tels événements sportifs.
Les deux Palestiniens ont également été reçus le 10 avril en mairie par Philippe Bouyssou, maire d’Ivry, Guillaume Spiro, 1er adjoint, et Sébastien Scarpinato, adjoint en charge de la solidarité internationale et à la lutte contre les discriminations. Ils ont également participé à la Conf’ pop du 14 avril à l’Espace Robespierre, dont le thème était « Le sport, un outil au service de la paix ».
Apartheid
Tout au long de ces rencontres et des échanges avec les Ivryennes et les Ivryens, Jessica Awad et Mohammad Najjar ont pu témoigner de l’oppression systématique que les Palestiniens subissent de la part de l’armée Israélienne et des colons.« Toutes les chaînes d’information ont couvert Gaza* et c’est normal vu l’ampleur de la misère là-bas. Mais elles ont oublié tout ce qui se passe en Cisjordanie.Depuis le 7 octobre 2023 (NDLR: date des attaques meurtrières du Hamas contre Israël), on y subi un véritable apartheid**, dénonce Mohamad Najjar. Les Israéliens ont profité de la guerre pour voler encore plus de terres en Cisjordanie. Tous les jours des villages palestiniens sont attaqués par des colons armés soutenus par leur gouvernement d’occupation ! » Jessica Awad ajoute : « Nous ne pouvons pas nous déplacer librement en Palestine, à cause des checkpoints et des intrusions de l’armée israélienne. Même pour les choses les plus anodines : je ne peux par exemple plus aller jouer au badminton à Ramallah car nous n’avons plus accès aux installations sportives. »
« On peut littéralement risquer nos vies pour faire du sport, donc on préfère rester chez nous », poursuit Mohammad Najjar. Les deux Palestiniens dénoncent également les arrestations arbitraires et des conditions de détentions terribles pour les prisonniers, parfois simplement arrêtés pour avoir émis des critiques contre l’occupant sur les réseaux sociaux. Ils racontent aussi leur espoir que les choses changent grâce aux mobilisations en faveur des Palestiniens à travers le monde.
Philippe Gril
*Le génocide (reconnu comme tel par l’ONU en septembre 2025) perpétré par les forces israéliennes a fait plus de 72 000 morts dans la bande de Gaza.
** Amnesty International a dénoncé le déplacement forcé de « dizaines de milliers de Palestiniens » de Cisjordanie, soit le plus important déplacement de population depuis l'exode palestinien de 1967.