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Avant le huis clos, le gymnase Delaune avait vu sa capacité réduite de moitié et pouvait encore accueillir 500 spectateurs (ici le 2 octobre, contre Saint-Raphaël) © Mairie d’Ivry-sur-Seine - David Merle

Le 4 novembre, la Ligue nationale de handball (LNH) annonçait que le championnat professionnel allait continuer malgré le huis clos imposé par le gouvernement. Un nouveau coup de massue pour les clubs professionnels : jouer sans public, c’est perdre de précieuses recettes de billetterie et de partenariats. Pour autant, selon la Ligue, il en va de la survie du handball professionnel.

Le sacrifice Luc Abalo

« Le huis clos c’est un non choix, mais nous étions bien obligés de continuer », concède François Lequeux, président de l’US Ivry Handball. Si tous les clubs font face à de grandes difficultés économiques à cause de cette situation, l’USI Hand devrait moins souffrir que d’autres. « C’est une tragédie économique pour le hand en général, et pour notre club ce sont des moments difficiles à passer. Mais nous sommes satisfaits de la qualité de notre gestion. On a toujours été dans une rigueur et une sagesse financière, on ne s’est jamais emballé

Une sagesse illustrée par la tentative avortée de faire revenir cet été Luc Abalo, en fin de contrat avec Paris. « Nous avons dû arrêter les discussions avec lui à cause du Covid, regrette François Lequeux. Parce que le faire revenir, c’était prendre un risque financier. On a eu la sagesse, en terme de masse salariale, de ne pas le faire venir. » Un crève-cœur, dont il faut aujourd’hui se féliciter au regard des pertes économiques engendrées par le Covid.

Repenser le modèle économique

Plus globalement, François Lequeux souhaite que cette crise sanitaire et ses conséquences économiques et sociales soient l’occasion de repenser le modèle des clubs professionnels. « Le modèle des grandes arenas, qui doivent être libérés le week-end pour faire la place à des chanteurs plus "bankables" (rentables, Ndr) et qui créé une forte dépendance en billetterie, ne me paraît pas pertinent. C’est même très inconsistant dans la période actuelle. Les clubs qui ont développé cette stratégie sont ceux qui sont aujourd’hui les plus en difficultés. On voit bien qu’il faut penser autrement. Il faut aller vers plus de sagesse générale : le sport business n’a pas sa place dans la crise sanitaire. »

François Lequeux en appelle à « plus de solidarité » et estime qu’il ne devrait pas y avoir de relégations à l’issue de cette saison, pour des raisons d’équité. « Faire un championnat avec le dogme de la compétitivité n’a aucun sens : entre les clubs qui doivent faire des reports, ceux qui peuvent jouer mais sans leurs joueurs phares atteints du Covid, plus un nombre inhabituel de blessures… Ajouter à cela un climat anxiogène ! C’est une hypocrisie d’appeler ça un championnat

Philippe Gril

Il est possible de regarder en direct les matchs de l’USI Hand sur la chaîne youtube LNH TV. Prochain rendez-vous : le 13 novembre contre Chartres.

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