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Huit des neuf maires (dont Philippe Bouyssou, au centre) présents à la conférence de presse du 15 décembre, à Vitry. Ne manquait que le maire du Kremlin-Bicêtre. Crédit : Mairie d’Ivry-sur-Seine - David Merle

Ils sont neuf maires de communes du Val-de-Marne* de différentes sensibilités politiques à vouloir prendre la main sur la gestion de l’eau potable, aujourd’hui confiée à une multinationale Veolia. Pour bien comprendre, voici un récapitulatif des enjeux.

Qui est aujourd’hui chargée de la production et de la gestion de l’eau ?

Depuis 1922, l’eau potable à Ivry (et dans 150 autres communes de la région) est gérée par le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif), qui l’a lui-même déléguée à Veolia (ex-Vivendi), chargée de produire et distribuer l’eau. La Ville adhère par convention au Sedif, via l’Établissement public territorial (EPT) Grand-Orly Seine Bièvre, qui a la compétence sur l’eau. Cette convention s’achève le 31 décembre 2020. (Lire le compte-rendu du conseil municipal du jeudi 10 décembre 2020.)

Que réclament ces neuf communes, dont Ivry ?

Elles souhaitent quitter le Sedif pour créer leur propre régie publique de l’eau, c'est-à-dire avoir la main sur la gestion de l’eau sur leur territoire. Des études ont été réalisées dans ce sens depuis 2017 par Ivry, mais la situation sanitaire n’a pas permis de consulter la population sur ce sujet majeur avant le 31 décembre 2020 et la fin de la convention la liant au Sedif. La Ville, et les huit autres communes, réclament donc une prorogation au moins jusqu’à septembre de cette convention, ce que refuse le syndicat des eaux.

Lors de cette conférence de presse du 15 décembre, juste avant le dernier conseil de territoire de l’année du Grand-Orly Seine Bièvre, les neuf élus, accompagnés pour l’occasion du président du GOSB Michel Leprêtre, ont réitéré leur volonté de « prendre un délai » pour préparer leur passage en régie publique de l’eau malgré la fin de non recevoir du Sedif.

Que leur dit le Sedif ?

« Le premier désaccord (avec le syndicat des eaux) porte sur la propriété des réseaux, explique Philippe Bouyssou, maire d’Ivry. Nous estimons que nos habitants, au travers de ce qu’ils ont payé, ont contribué à la création de ces réseaux et de la principale usine qui nous fournit en eau, à Choisy-le-Roi. Il est légitime que nous réclamions une propriété au moins partielle dessus. Il faut pousser les études pour faire valoir la part de ces investissements qui nous échoit. »

Autre point d’achoppement, la possibilité de se connecter au réseau existant pour acheminer l’eau. « Le Sedif rejette ce que l’on appelle la déconnexion virtuelle. On voudrait nous obliger à construire un double réseau, avec la menace d’un chantier pharaonique et de 87 millions d’investissements. Nous estimons que nous n’avons pas à faire ça », déclare Philippe Bouyssou. La simple pose de compteurs permettant de connaître la quantité d’eau « déviée » vers les communes qui ont leur propre régie.

Quelles suites ?

Lors du conseil de territoire qui a suivi cette conférence de presse, une délibération sur la prorogation de la convention avec le Sedif jusqu’en septembre 2021 a été adoptée. Les neuf élus ont fait également part de leur volonté d’écrire à la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili et à demander l’arbitrage de l’État.

Le Sedif, interrogé par Le Parisien, a dit « prendre acte de la non ré-adhésion » de ces neuf communes. Le maire d’Ivry rappelle que d’autres territoires ont fait le choix de remunicipaliser la gestion de l’eau potable : Paris, Nice, Montpellier, Grenoble, le grand Lyon... « La question que nous essayons de porter va dans le sens de l’histoire », juge-t-il.

Philippe Gril

* Ivry, Vitry, Le Kremlin-Bicêtre, Gentilly, Arcueil, Cachan, Fresnes, Chevilly-Larue et Orly.

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