Tribune de la liste Front Populaire Ivryen
Contre l’extrême droite : faisons Front populaire pour Ivry
Cette année, nous célébrons les 90 ans de la victoire du Front populaire. En 1936, face à la menace fasciste, les forces de gauche avaient choisi l’unité pour battre l’extrême droite et conquérir de nouveaux droits sociaux et démocratiques.
Cette union, poussée par les grèves syndicales, a permis d’importantes avancées sociales : les congés payés, la réduction du temps de travail et les hausses de salaires. Le Front populaire a affirmé le droit de chacun à vivre dignement de son travail, à accéder à la culture, aux loisirs et aux vacances; les premières de millions de familles populaires. À Ivry, cette histoire résonne particulièrement avec le centre des Mathes, qui accueille depuis 1927 des générations d’Ivryen·nes.
Ivry, ville résistante
Ivry est une ville façonnée par les migrations, les luttes sociales et les solidarités. Des générations d’habitant·es venu·es d’horizons différents ont contribué à la construction de notre commune. Lorsque le fascisme et le nazisme ont tenté d’écraser les démocraties et les droits humains en Europe, Ivry a résisté. Nous pensons à Georges Marrane, aux résistant·es ivryen·nes, «à nos frères» des FTP-MOI du groupe Manouchian, pour reprendre les mots d’Aragon.
Cette histoire oblige tou·tes les républicain·es. Elle nous rappelle qu’aucune démocratie n’est définitivement acquise et que la lutte contre le racisme, la xénophobie, la discrimination en raison de la foi et toutes les formes de haine demeure une exigence permanente. C’est dans cet héritage que s’inscrit aujourd’hui le Front populaire ivryen. Car l’extrême droite ne propose pas de répondre aux difficultés sociales. Elle préfère désigner des boucs émissaires, opposer les habitant·es entre elles et eux et détourner le débat public des véritables enjeux.
Face à cela, nous voulons faire front. Faire front pour défendre les services publics. Faire front pour préserver le logement social et permettre à Ivry de rester une ville populaire. Faire front pour garantir l’accès aux soins. Faire front pour une culture accessible à tou·tes. Faire front pour une transition écologique qui protège aussi les classes populaires. Faire front contre toutes les discriminations.
Le RN, un projet de division
Le conseil municipal du 11 juin a illustré cette stratégie. Alors que notre assemblée débattait de sujets concrets pour les habitant·es, un élu du Rassemblement national a préféré mettre en scène une prière et dégainer un crucifix, à des fins islamophobes et sexistes, puisque le but recherché était bien de s’opposer à la présence de deux élues qui portent un voile. Cette séquence n’avait rien d’un débat sur la laïcité. Elle visait à provoquer, à créer une polémique, à saboter le principe de laïcité et in fine à exclure des élues de notre assemblée. Ce geste révélait ainsi la véritable nature du projet porté par l’extrême droite: exclure certaines personnes du cercle des responsabilités. Par ailleurs, en priant et en récitant un texte religieux au micro, c’est bien l’élu RN qui n’a pas respecté le principe de laïcité et qui a perturbé les débats. C’est donc en raison de cette provocation, de ce piedde-nez fait à la laïcité, et de l’arrêt des débats sur le fond, que le maire n’a pas eu d’autre choix, et à juste titre, que de lever la séance au regard du trouble à l’ordre public constaté.
Le principe de laïcité détourné par le RN
La laïcité protège toutes les convictions. Elle garantit la liberté de conscience et la liberté religieuse. Elle permet à chacun·e de croire, de ne pas croire ou de changer de conviction. Elle ne consiste en aucun cas à désigner une religion comme une menace ou à exclure certaines personnes de la vie publique, notamment souvent des femmes. Contrairement à ce que prétend l’extrême droite, les élus locaux ne sont pas soumis à une obligation de neutralité religieuse comparable à celle qui s’impose aux agent·es du service public. Il·elles exercent un mandat politique confié par les électeur·ices. La mise en scène du RN lors du conseil municipal du 11 juin n’était donc pas une défense de la laïcité mais bien une instrumentalisation de celle-ci à des fins de stigmatisation et de discrimination.
Une provocation du RN au service de son agenda politique
Cette mise en scène provocatrice ne s’inscrit pas dans un vide politique. Elle intervient alors même que le Rassemblement national cherche à imposer au niveau national de nouvelles interdictions concernant le port de signes religieux par les élu·es locaux. Elle a également été immédiatement relayée par tout un écosystème médiatique et numérique, allant des médias du groupe Bolloré à la fachosphère en ligne, entraînant une vague de harcèlement marquée par des courriers et appels menaçants: menaces de violences physiques, de mort ainsi que des injures à caractère homophobe, sexiste et islamophobe. Cette mécanique est désormais bien connue : provoquer localement, créer une polémique artificielle puis l’utiliser pour alimenter un agenda national fondé sur la normalisation de la discrimination. Ainsi, l’élu local d’extrême droite, faisant du conseil municipal d’Ivry son laboratoire de la bêtise intellectuelle du RN, a pu nourrir, avec sa scénette malaisante, la proposition de loi de la droite déposée au Sénat et du RN déposée à l’Assemblée, portant sur l’interdiction du port de signes religieux dans les assemblées locales. Une preuve, s’il en fallait une, des points de convergences entre les deux partis prêts à s’unir pour l’année prochaine. À l’heure de la panthéonisation du Marc Bloch résistant des Mouvements unis de la Résistance, où est la droite républicaine et antifasciste quand elle flirte avec le RN exclu de cette cérémonie ?
Soutien à Estelle Boufala et à Fenda Diarra
Nos collègues ont été élues pour leurs compétences, leur travail et leur engagement au service des habitant·es. Pourtant, le RN semble incapable de voir autre chose que leur tenue vestimentaire. Cette obsession n’est pas nouvelle. Depuis des années, l’extrême droite et la droite concentrent une partie importante de leurs discours sur la stigmatisation des personnes musulmanes et particulièrement des femmes.Nous apportons donc tout notre soutien à Fenda Diarra et Estelle Boufala, qui, par leurs engagements dans la ville, rendent fière la liste du Front populaire ivryen.
Le RN contre la participation citoyenne, les services publics et la culture
Durant ce même conseil, le RN s’est opposé à la création d’un comité consultatif destiné à mieux associer à la décision publique les habitant·es de nationalité extra-européenne, qui sont privé·es de droit de vote. Pourtant, ces femmes et ces hommes vivent à Ivry, travaillent à Ivry, participent à la vie associative et contribuent pleinement à la richesse de notre ville. Leurs enfants sont à l’école ici, ont leurs ami·es ici et participent à la vie de la cité et au récit de notre ville. De la même manière, l’extrême droite multiplie les attaques contre les agent·es du service public ivryen en prétendant au conseil municipal qu’il·elles se «gaveraient» d’argent. Chaque jour, les agent·es municipaux font vivre les services publics: il·elles nettoient, soignent, accueillent dans les équipements publics, accompagnent les habitant·es. Souvent moins bien rémunéré·es que dans le privé, il·elles ont choisi le service public pour ce qu’il est: un véritable levier contre les inégalités sociales, un patrimoine commun pour tou·tes et notamment pour celles et ceux qui n’en ont pas. Nous apportons tout notre soutien aux agent·es injurié·es par le RN, nous connaissons les difficultés qu’il·elles traversent dans un contexte de casse générale du service public organisée par les gouvernements libéraux successifs. Les leçons du RN sur des salaires soumis aux grilles de la fonction publique territoriale prêtent à sourire. En effet, quand les agent·es ivryen·nes travaillent chaque jour au service de l’intérêt général, les emplois fictifs du Rassemblement national, eux, ont conduit au détournement de 4,3 millions d’euros du contribuable européen.
Enfin, là où le RN exerce le pouvoir, son projet apparaît dans toute sa réalité. C’est la censure culturelle avec l’annulation de représentations comme la pièce Passeport. C’est la multiplication d’arrêtés anti-mendicité visant à invisibiliser les plus précaires, souvent retoqués par les tribunaux car contraires aux libertés fondamentales. C’est la suppression de subventions à des associations pourtant essentielles comme le Planning familial. C’est l’effacement de certaines mémoires, comme la suppression de commémorations de l’abolition de l’esclavage. C’est le négationnisme par la diffusion d’un chant pétainiste lors d’une cérémonie de commémoration de la Seconde Guerre mondiale.
À Ivry, le RN s’en prend à la culture et notamment à la liberté de programmation du Luxy en contestant les choix artistiques des professionnel·les qui y travaillent. Nous affirmons au contraire notre confiance et notre soutien aux équipes municipales qui garantissent une culture libre, exigeante, pluraliste et accessible à tou·tes.
Face au R-haine, faire Front populaire Ivryen
Face à toutes ces attaques, nous réaffirmons notre soutien aux élues ciblées, aux agent·es municipaux, aux habitant·es visés par les discriminations. Car ce que combat l’extrême droite, ce sont nos liens, notre diversité et notre capacité à vivre ensemble, avec toutes nos différences. Le Front populaire fut une réponse antifasciste, sociale et démocratique à la montée de l’extrême droite. 90 ans plus tard, son message demeure intact. À Ivry, nous continuerons à faire front populaire pour l’égalité, la solidarité, les services publics, l’écologie, le féminisme, l’antiracisme, l’antifascisme et la démocratie. Nous tenons à remercier tous les habitant·es qui nous ont exprimé leur soutien à l’issue de ce conseil municipal. Ils et elles sont très nombreux·ses et peuvent compter sur nous pour continuer la lutte contre les idées d’extrême droite.
Tribune du groupe Ivry en mieux - Collectif GEM Ivry
Ne nous trompons pas de débat.
L’incident survenu lors du dernier conseil municipal autour de la question des signes confessionnels portés par des élus a suscité de nombreuses réactions. Pour notre part, nous refusons de nous laisser enfermer dans une confrontation qui détourne le regard des véritables préoccupations des habitants.
À GEM Ivry, nous sommes attachés à la laïcité, au respect de la liberté de conscience et aux principes de la république. Mais notre engagement est avant tout de répondre aux attentes concrètes des Ivryennes et des Ivryens.
Lorsque nous échangeons avec eux, ils nous parlent de logements dignes, de chauffage, d’ascenseurs en état de fonctionnement, de propreté, de sécurité, d’espaces verts, de services municipaux accessibles et d’un cadre de vie de qualité. C’est pour répondre à ces attentes qu’est né GEM IVRY. La confiance que nous ont accordée de nombreux habitants nous oblige. Nous portons une conviction simple: le pouvoir n’est pas à prendre; il est à rendre aux citoyens.
Nous défendons une vision républicaine fondée sur l’égalité des droits et des devoirs, la méritocratie et le vivre ensemble. Notre objectif n’est pas d’opposer ou de stigmatiser les communautés mais de permettre à chaque enfant d’Ivry de réussir, quels que soient son quartier ou son origine sociale.
Nous attendons également du Maire qu’il garantisse une parfaite égalité de traitement entre tous les habitants et tous les élus sans distinction aucune. Il lui appartient ainsi d’assurer la bonne tenue des débats du conseil municipal dans le respect de chacun et des principes républicains.
Notre responsabilité est donc de ramener le débat là où les habitants nous attendent: sur le cadre de vie, l’efficacité de l’action publique, la participation citoyenne et le respect dû à chaque Ivryenne et à chaque Ivryen.
Tribune du groupe Ivry Avant Tout
Laïcité, je crie ton nom !
Depuis des années, certains responsables politiques prétendent défendre la laïcité comme un principe d’émancipation et de neutralité. Pourtant, dès que l’occasion se présente, elle cesse d’être un cadre commun pour devenir un instrument de confrontation identitaire. On ne cherche plus à faire reculer l’expression religieuse dans l’espace institutionnel ; on choisit simplement quelles expressions religieuses sont jugées acceptables et lesquelles servent de repoussoir politique. Le 11 juin dernier, notre conseil municipal en a offert une illustration saisissante. Lorsqu’un élu brandit une croix et récite le Je vous salue Marie en séance, la provocation est réelle, et condamnable. Mais la responsabilité initiale incombe au Maire, qui a refusé de soumettre aux voix un amendement relatif à la laïcité, fait générateur de la bascule qui a suivi. En levant la séance, il a laissé les deux extrêmes confisquer le débat municipal. Résultat: les Ivryens, eux, n’ont rien gagné.
Nous, élus républicains de la droite et du centre, refusons ce théâtre.
Notre boussole, c’est IVRY AVANT TOUT: le logement, la sécurité, le commerce, les services publics et le quotidien de nos concitoyens. Ces sujets méritent mieux qu’une mise en scène permanente des appartenances.
La véritable défense de la République ne consiste pas à exhiber un symbole contre un autre, mais à rappeler que nos institutions n’ont pas vocation à arbitrer entre les croyances. La neutralité n’est crédible que lorsqu’elle s’applique à tous avec la même exigence.
Nous appelons donc à la responsabilité collective de tous les élus. Et nous soutenons le débat ouvert par la proposition de loi, déposée au Sénat le 9 avril 2026, visant à interdire le port de signes religieux par les élus locaux dans l’exercice de leur mandat. Une piste juste, équilibrée, et AVANT TOUT républicaine.
Bertrand Simonin, Catherine Quingué, Valentin Aubry
Tribune du groupe Ivry Avenir
A-t-on encore le droit de dénoncer l’hypocrisie de l’extrême gauche vis-à-vis de la laïcité ?
Lors du dernier conseil municipal d’Ivrysur-Seine, j’ai proposé un amendement au règlement intérieur afin d’interdire, dans l’enceinte du conseil, le port ostentatoire de signes religieux. L’objectif était simple: faire respecter la laïcité, principe constitutionnel, au sein de notre assemblée.
Cet amendement n’a même pas été examiné. Il a été immédiatement rejeté au nom de la morale, et non du droit. Le maire s’est même vanté de ne pas vouloir appliquer cette exigence de laïcité. Dans la foulée, son adjointe a affirmé être fière de porter le voile en conseil municipal.
Face à cette réponse limpide, j’ai rappelé ma foi de catholique pratiquant. Tous ceux qui me connaissent savent que je suis un homme de foi, n’en déplaise à Monsieur le maire. Mais la règle doit être la même pour tous: soit la laïcité s’applique à chacun, soit elle ne s’applique à personne.
Chacun a pu constater la réaction de l’assemblée après mon « Je vous salue Marie ». Visiblement à Ivry, porter le voile en conseil municipal est anodin mais la croix dérange, révulse même. Ce deux poids deux mesures est insupportable. Ne vous y trompez pas, je ne lutte pas contre la communauté musulmane, mais contre l’hypocrisie clientéliste de cette extrême-gauche qui gangrène notre ville et notre pays depuis trop longtemps.
La laïcité n’est pas un principe à géométrie variable : elle protège la liberté de conscience en imposant une même règle commune, sans privilège ni passe-droit.
Je remercie sincèrement tous les Ivryens et tous les Français qui m’ont apporté leur soutien. Aujourd’hui, Ivry-sur-Seine est regardée bien au-delà de ses frontières. Les projecteurs sont braqués sur notre conseil municipal: chacun peut désormais voir ce que l’extrême gauche fait réellement de notre ville.
Kevin Nader

