
Né·es aux quatre coins du monde, huit Ivryen·nes ont été proposé·es candidat·es du Tiers citoyen lors d’une votation préalable aux dernières élections municipales. Inéligibles car de nationalités extra-européennes, ils et elles ont été désigné·es conseiller·ères associé·es et participeront tout au long du mandat aux instances internes de la majorité municipale. Un acte fort qui prouve - s’il en était besoin - qu’Ivry est bien une terre d’accueil. « Deux d’entre eux - Amadou Sadio Sidibé et Saifaoulaye Diallo, 19 ans - sont d’anciens mineurs isolés venus de Guinée », précise Jean-Charles Canu, co-fondateur et coprésident de la Saji (Soutien aux jeunes isolés).
L’association ivryenne est née en 2024 d’une mobilisation citoyenne pour aider le campement de jeunes réfugiés mineurs isolés sous le pont Nelson Mandela en 2022. Ces centaines de mineurs arrivaient d’Afrique subsaharienne, du Pakistan et d’Afghanistan. « Amadou et Saifaoulaye ont dormi à la rue puis été mis à l’abri au gymnase des Épinettes. Nous les avons accompagnés et continuons à les suivre. Et aujourd’hui, ils sont conseillers associés. C’est génial ! »
Accès aux droits
Cette histoire est à découvrir parmi beaucoup d’autres à l’Espace Gérard Philipe dans le second et dernier volet de l’exposition Ivry, terre d’accueil. Roumains, Palestiniens, Ivoiriens, Guinéens, Afghans… De 1980 à 2025, de nouvelles populations ont choisi de quitter leur pays pour vivre en France, d’autres ont fui face à la guerre, la misère ou aux changements climatiques. Malgré un contexte national français répressif envers les étrangers, nombreux ont été et sont toujours accueillis à Ivry. La ville messagère de la paix permet à chacun un égal accès aux services publics ivryens. Cette tradition d’accueil est également portée par l’engagement des citoyens et acteurs associatifs, parties prenantes de l’exposition.
Le territoire compte également deux structures d’Emmaüs solidarité : un Centre d’hébergement d’urgence pour les familles migrantes (Chum) à Ivry-Port, ainsi qu’un accueil de jour et un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, à Monmousseau-Vérollot, L’Étape ivryenne. « Nous offrons un accueil inconditionnel, gratuit et anonyme aux personnes à la rue, indique Ibnou Diop, directeur de territoire Emmaüs solidarité. Nous effectuons 1 000 domiciliations au centre [adresses administratives]. Car il est très important d’avoir une adresse : c’est la porte d’entrée dans un parcours d’insertion. » La moitié des bénéficiaires est adressée par le Centre communal d’action sociale ivryen (CCAS).
Ivry terre d’accueil. Partie 2 donne aussi à voir SOS Save Our Souls, exposition photos de SOS Méditerranée, association soutenue par la Ville. Depuis 2016, elle a secouru plus de 42 000 personnes dans les eaux internationales entre la Libye et l’Italie, la route migratoire maritime la plus mortelle au monde. Une route que nombre de migrants ont emprunté avant d’arriver à Ivry.
Sylvie Moisy
À partir du 6 mai (vernissage à 18h30) à l’Espace Gérard-Philipe, Centre commercial Jeanne Hachette, entrée par la rue Raspail.