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© « Les âmes bossales » de François Perlier

L’esclavagisme développé par les nations occidentales laisse des cicatrices indélébiles encore aujourd’hui dans de nombreux pays. Le 10 mai, Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition, Ivry honore la libération des peuples africains déportés. Alors même que le 25 mars dernier, la France s’est abstenue de voter le texte adopté à l’ONU qualifiant la traite transatlantique et l’esclavage colonial de « plus grave crime contre l’humanité ». Et ce vingt-cinq ans après la loi Taubira par laquelle la France fut le premier pays dans le monde à reconnaître la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité…

Lutte inachevée

Au programme d’« Ivry contre l’esclavage » organisé en partenariat avec les Archives municipales, Le Luxy projette le 23 mai prochain Les Âmes bossales, un documentaire de François Perlier (France 2024), sorti en salle en février dernier. « Les bossales, c’est comme cela qu’étaient appelés les esclaves de première génération à Haïti, explique le réalisateur. La bourgeoisie créole dénigrant leur culture, le terme bossales est devenu péjoratif. Il désigne quelqu’un de sauvage, de violent. Mais toute une génération d’artistes, de militants, d’activistes haïtiens se le réapproprient aujourd’hui avec fierté. C’est pour rendre hommage à la fois aux révoltés de la guerre d’indépendance d’Haïti et aux résistants d’aujourd’hui que nous avons appelé ce film Les Âmes bossales. »

Ce pays - parmi les plus pauvres du monde - a pourtant été le premier peuple d’esclaves à se libérer par lui-même entre 1791 et 1804. En contrepartie, la France lui imposera le paiement d’une dette phénoménale pendant 150 ans... « Depuis l’indépendance, la bourgeoisie créole a remis en place un système capitaliste héritier de l’esclavage qui est massivement refusé par le peuple noir. J’ai découvert à Haïti toutes ces formes de résistances extraordinaires, dans la littérature, dans le carnaval, dans le vaudou, dans le féminisme populaire. J’ai voulu porter leur parole, montrer leur force et leur beauté. »

Sylvie Moisy

Rendez-vous
- Le 10 mai à 11h : fleurissement de la plaque du square Toussaint-Louverture.
- Le 21 mai à 19h, à l’auditorium Antonin Artaud (152 av. Danielle Casanova) : Le Sucre, pour la douceur et pour le pire de Mathilde Damoisel (France 2025), en présence de la réalisatrice. Fléau pour la santé, le sucre est également indissociable du capitalisme et des crimes liés à la colonisation et à l'esclavage. En partenariat avec le conservatoire municipal. Entrée libre.
- Le 23 mai à 20h30 au Luxy (77 av. Georges Gosnat) : Les Âmes bossales de François Perlier (France 2024), en présence du réalisateur et de Carl Pierrecq, poète haïtien. En partenariat avec la librairie Envie de lire.

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