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© Maison Jacques Copeau / Wikimedia Commons

En novembre 2025, l’université Sorbonne-Nouvelle avait consacré à Catherine Dasté, un colloque, destiné à « retracer le parcours minoré » de cette « comédienne, metteuse en scène, autrice, pédagogue, directrice de compagnie et de théâtre », afin de « mettre en lumière son rôle majeur dans l’institution théâtrale ». Catherine Dasté est décédée à Ivry le 6 août à l’âge de 96 ans.

Née en 1929 dans une famille de gens de théâtre, veuve du chanteur Graeme Allwright (1926-2020), elle aura été une « des premières femmes metteuses en scène en France » et « à l’origine, avec quelques autres, de la reconnaissance institutionnelle du théâtre jeune public », comme l’ont écrit ses trois enfants dans un communiqué adressé à l’Agence France Presse. D’abord actrice, formée à l’Old Vic Theater School de Londres, elle met tôt en scène des pièces basées sur la récolte de la parole des enfants, notamment dans le cadre de La Pomme verte, la compagnie qu’elle fonde après un détour par l’enseignement et l’encouragement de la metteuse en scène Ariane Mnouchkine à revenir au théâtre. Elle créé, avec l’appui de Françoise Dolto, le premier Centre dramatique pour l’enfance au théâtre de Sartrouville (Yvelines), puis fonde la compagnie de La Folie Méricourt, où elle collabore avec Michel Puig, compositeur contemporain et propose des spectacles de « théâtre musical », en particulier avec l’acteur Michael Lonsdale.

De 1985 à 1992, elle dirige le Théâtre des quartiers d’Ivry (TQI) où elle continue ses mises en scène. Elle est également professeur d’art dramatique au Ateliers du théâtre d’Ivry. Interviewée par Ivry ma ville lors de sa prise de fonctions au TQI, elle déclarait au sujet du théâtre pour enfants qu’il fallait « mener une lutte contre l’exigence de plus en plus explicite [du ministère de la Culture] que le spectacle soit “utilisable”, assimilable à des buts pédagogiques ; c’est aussi la lutte à mener avec ceux qui reconnaissent au théâtre son rôle spécifique, étranger, étrange. » Après cette expérience au TQI, elle s’installe en Bourgogne dans la maison familiale, la « maison Copeau », où elle organise de nombreux stages ainsi que le festival Les Rencontres Jacques Copeau, du nom de son grand-père. De retour à Ivry en 2004, où elle s’installe au centre-ville, elle sera encore professeure d’Art Dramatique avec un module intitulé Dire la poésie contemporaine. Elle sera inhumée dans le village de Pernand-Vergelesses (Côte d’Or) aux côtés des siens.

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