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Avec 8 buts, l’arrière Toke Schröder a tout donné lors de cette finale retour. En vain…. © Mairie d’Ivry-sur-Seine - Alex Bonnemaison

La porte de la première division s’est brutalement refermée d’un coup sur le visage de l’US Ivry Handball. Au bout d’une rencontre homérique, c’est Caen qui a fini par remporter la finale des play-offs après une cruelle séance de jets de 7 mètres (score final 24-28), dimanche 7 juin 2026. Trois jours avant, les Rouge et Noir avaient pourtant réussi un exploit en s’imposant de deux buts (31-29) sur le parquet caennais, un chaudron quasi imprenable toute la saison (une seule défaite à domicile jusqu’alors pour les Normands).

Mais les Rouge et Noir ont raté leur entame de match lors de la finale retour, jouée une nouvelle fois à Créteil. Un handicap de 4 buts au bout de cinq minutes de jeu que les Ivryens ont eu du mal à combler. S’ils ont réussi à plusieurs reprises à revenir à égalité (5-5 à la 15e minute, 9-9 à la 21e), les Ivryens ne sont jamais parvenu à prendre le dessus sur des Caennais transcendés par leurs 300 bruyants supporters. Forts du résultat du match aller, les Rouge et Noir pouvaient se permettre de perdre avec un seul but d’écart. Mais une dernière attaque ivryenne manquée et un but encaissé sur l’aile à huit secondes de la fin aura permis à Caen de l’emporter de deux buts d’écart (24-22 à la fin du temps règlementaire) et donc d’égaliser sur l’ensemble des deux matchs.

Le bourreau Mocevic

Chacun jugera de l’idée de la Ligue nationale de handball de ne pas faire jouer de prolongations pour décider du sort d’une finale de play-offs clôturant une saison à 36 matchs pour les deux équipes. C’est donc par une immédiate et cruelle séance de pénaltys qu’il fallait en passer. Et à ce petit jeu, c’est Caen qui va l’emporter grâce à son phénoménal portier Milos Mocevic (élu meilleur gardien de la saison, auteur sur ce match de 17 arrêts à 41% d’efficacité !). C’est lui qui va briser les rêves ivryens en arrêtant les tentatives de Maxime Petit et de Mathis Beauchef.

Il fallait voir la détresse de Maxime Petit, l’ailier ivryen, enfant de la ville et du club, après son raté pour mesurer la tristesse qui s’est alors emparée des Rouge et Noir. Les yeux rougis à la sortie du vestiaire trahissaient la déception des joueurs et du staff, qui auront vécu une issue cruelle à une saison déjà tellement difficile, entre déplacements incessants pour s’entraîner et jouer les matchs suite à l’incendie du gymnase Delaune, et conflit avec l’ancien entraîneur Didier Dinart. Pascal Léandri, directeur sportif redevenu cette saison entraîneur adjoint par nécessité, a eu à cœur à la fin du match de saluer les joueurs et le staff pour leur remarquable travail. « C’est super dur ce soir parce tous ces mecs-là ont donné sans compter toute la saison, a-t-il souligné, la voix étranglée par l’émotion. On a vécu des épreuves sportives et extra-sportives, il a fallu reconstruire un groupe autour de la bienveillance et du vivre-ensemble. Il n’y a que l’US Ivry capable de se relever de toutes ces épreuves, et c’est ça dont je suis le plus fier. On a construit une équipe qui s’est battu jusqu’au bout. Ça se joue à un but, c’est raide, vraiment… C’est une saison particulière qui a été dure mais humainement enrichissante, avec la Ville tout le temps derrière nous. On a déplacé tout Ivry : c’est ça pour nous le handball, c’est rassembler ! On reviendra, je vous l’assure, on ne lâchera pas. »

Philippe Gril

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