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« Au lycée Romain Rolland, les classes sont toutes surchargées avec des effectifs de plus de 30 élèves, dénonce Marilou, 15 ans, qui vient d’arriver en Seconde. Nous défendons le droit à l’éducation dans de bonnes conditions ! » Ce 1er octobre, au matin, plus de 200 élèves se sont rassemblés devant l’entrée de l’établissement ivryen situé près du Fort. Certains sont juchés sur des poubelles et le mégaphone circule joyeusement de main en main. Des deux côtés de la rue Lucien Nadaire, des policiers empêchent les véhicules de circuler. « La France est la 7e puissance mondiale et les lycées sont délabrés, déplore Tiago, 15 ans. Nous sommes aussi mobilisés par solidarité avec les autres établissements où des mineurs ont été gazés, mis en garde à vue ! »

D’autres pointent le non-remplacement des enseignants, par exemple cette classe de Terminale, avec spécialisation Physique-Chimie qui n’a pas d’enseignant dans la matière en question depuis la rentrée scolaire. La députée Mathilde Panot ainsi que l’adjointe au maire Ouarda Kirouane se sont déplacées pour soutenir les revendications des élèves. Le lendemain, c’était au tour de la conseillère départementale Lamya Kirouani, et du maire, Philippe Bouyssou lequel a affirmé : « Plutôt que d’écouter ce que les lycéens ont à nous dire, plutôt que d’engager le dialogue avec elles et avec eux, le gouvernement a choisi de fermer plus de 400 lycées à travers le pays, pour ne pas entendre leurs doléances : des conditions d’études dignes ».

Sélection et IA

Dans la foule, des parents d’élèves et des enseignants sont présents, y compris la proviseure de l’établissement, et veillent à ce qu’il n’y ait pas de débordements. Tous ont en tête les images de violences policières à l’égard des lycéens : gazage, blessures graves… Dans un communiqué daté du 5 octobre, les professeurs ont rappelé qu’ils partageaient les revendications des élèves, demandant « davantage de moyens pour l’éducation nationale » en personnels et dans la rénovation des bâtiments.

« Nous avons un sentiment de ras-le-bol général, confie Zahra, 17 ans, en Première générale. Quel sera notre avenir dans ce monde où la sélection et l’intelligence artificielle dominent ? Parcoursup est géré par l’IA ! C’est elle qui comptabilise notamment les absences et certains ont peur que cela leur soit défavorable pour la suite de leurs études. L’IA ne peut pas reconnaître le véritable travail. » Après les discours, place à la musique ! Des élèves du lycée Jean Macé, proche, ont apporté des enceintes et tout le monde chante, galvanisé, une Marseillaise et surtout du rap.

Les 5 et le 6 octobre, le lycée professionnel Fernand Léger a rejoint le mouvement. Un blocus avait été organisé le 5 octobre devant l’établissement de l’avenue Barbusse. Le 6 octobre, beaucoup de lycéens ivryens ont battu le pavé parisien lors de l’importante et inédite manifestation qui comptait aussi des étudiants, des personnels de l’Éducation nationale, des parents, des syndicalistes… Parmi les nombreux slogans des jeunes manifestants, « On veut le bac, pas le vrac ! », « Les élèves visent le bac, la Bac vise la tête », « Fashion mais pas fachos » ou « On ne lance pas de pierres, on s’aime demain, on sème demain ».

Catherine Mercadier

Si vous (ou votre enfant) êtes interpelé et placé en garde à vue par la police, sachez que vous avez droit à un avocat, un médecin, à prévenir vos parents (ou un proche) et garder le silence, après avoir donné votre identité. Vous pouvez vous rapprocher du Syndicat des avocats de France (SAF).

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