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Lors d’une interruption de séance, une délégation de lycéens de Romain Rolland et Fernand Léger ont fait part de leurs revendications, réclamant notamment de meilleures conditions d’apprentissage. © Julie Subiry

Soutien au mouvement lycéen !

Le conseil municipal, réuni le 8 octobre, a voté un vœu de soutien au mouvement lycéen, appelant le gouvernement à entendre ses revendications.

En plein mouvement lycéen, le conseil municipal du 8 octobre s’est interrompu pour laisser la parole à une délégation d’élèves des établissements ivryens Romain Rolland et Fernand Léger. Pointant d’abord les problèmes de leurs établissements (« rideaux et fenêtres cassés, toilettes indisponibles et mauvaise isolation des bâtiments »), ces élèves ont ensuite rappelé les revendications du mouvement lycéen : « Davantage de profs, plus d’AESH, gratuité de la cantine, suppression de Parcoursup et création de nouvelles places en université. » Ils ont également manifesté leur « solidarité avec les lycéens victimes de violences policières » et leur « soutien aux 6 000 camarades en garde à vue ». « L’éducation est un droit et, malgré le chantage à la dette que l’on nous oppose, l’argent existe et est disponible », a ajouté la jeune délégation, rappelant « la hausse de 36 milliards d’euros du budget de la Défense » et « les 211 milliards d’euros par an d’aide publique versée aux grandes entreprises ».

La répression, seule réponse

« Les revendications des lycéennes et lycéens sont légitimes », a poursuivi Alexandra Mortet, adjointe en charge des politiques publiques en direction des jeunes et rapporteure du vœu de soutien au mouvement lycéen proposé par la majorité municipale. « Face à la colère qui s’exprime, le gouvernement se dédouane de ses responsabilités et n’apporte qu’une seule réponse : celle de la répression ! », a-t-elle ajouté. Rodrigue Lohier, du groupe socialiste GEM Ivry (qui a voté pour l’adoption du vœu), a dénoncé « les effets délétères de la réforme Blanquer des lycées qui contribue à maltraiter les élèves par un système scolaire devenu toujours plus concurrentiel, individualiste et inégalitaire ».

De son côté Kévin Nader, d’Ivry Avenir (Rassemblement national), s’est prononcé contre l’adoption de ce vœu « qui demande de soutenir un mouvement sans jamais condamner les incendies, les agressions et les destructions qui l’accompagnent : pas une ligne pour les policiers agressés et les personnels blessés ! ». Enfin, si elle estime que les revendications lycéennes « sont parfaitement légitimes », Catherine Quingué, du groupe Ivry avant tout (qui a voté contre le vœu) a « regretté que des adultes prétendant soutenir et protéger les lycéens […] les poussent ouvertement à l’affrontement avec les forces de l’ordre pour mieux pouvoir ensuite dénoncer les violences policières. Nous ne pouvons pas nous associer à une opération de manipulation et de récupération parfaitement éhontée».

Pour conclure le débat, le maire Philippe Bouyssou a tenu à expliquer que les élus de la majorité municipale présents lors des blocus à Ivry n’étaient « pas là pour profiter du mouvement ou pour acculturer les élèves à quoi que ce soit », mais « pour s’interposer entre les forces de l’ordre et les jeunes afin d’éviter au maximum tous les débordements, d’un côté comme de l’autre ».  

Philippe Gril

Le Cœur de ville en débat

Logements, végétalisation… L’assemblée communale a débattu du projet Cœur de ville lors de la séance du jeudi 8 octobre.

Le groupe d’opposition GEM Ivry a présenté, lors de ce conseil municipal du 8 octobre, un vœu « pour la préservation du parc Jules Coutant et la création d’un cœur de nature autour de la mairie ». Ce vœu traduit l’inquiétude des socialistes quant au projet Cœur de ville de la municipalité, qui prévoirait, selon eux, une « destruction » du parc Coutant « afin d’y construire de nouveaux immeubles ». « Complété par l’urbanisation envisagée du parking communal situé autour de la mairie, [ce projet] s’inscrit dans une logique qui interroge profondément notre vision de la ville », a dénoncé Laurent Monfret, de Gem Ivry. Selon lui, il faudrait aujourd’hui « passer à un urbanisme qui ne cherche plus seulement à produire des mètres carrés mais qui prend soin des habitants et de leur cadre de vie ».

« Nous allons voter "des deux mains" ce vœu, parce qu’à l’heure de l’été caniculaire que nous venons de vivre, un parc ne se déplace pas ! Plutôt que de ceinturer notre bel hôtel de ville de barres d’immeubles (…) on pourrait faire une des plus belles places vertes de notre ville ! », a réagi dans la foulée Bertrand Simonin-Lacroix, pour le groupe Ivry avant tout.

6 000 m2 désimperméabilisés

« Oui nous envisageons de construire (en cœur de ville), mais il n’a jamais été question de bétonner ! Nous allons créer 2 000 m2 de pleine terre », a rétorqué le maire Philippe Bouyssou, après que Fabienne Oudart, adjointe au quartier Centre-ville, a rappelé les grandes lignes des premières pistes envisagées dans le plan guide du projet. « Il n’y a aucun projet de destruction ou de déplacement mécanique du parc Coutant, a-t-elle rappelé. Ce qui est envisagé, c’est une requalification de l’îlot hôtel de ville, avec la volonté d’être plus inclusif dans ses usages. Nous allons créer plus de 2 ha d’espaces végétalisés, nous allons augmenter de 25 % le nombre d’arbres sur le secteur à terme, et nous allons désimperméabiliser 6 000 m2 tout en créant un réseau de liaisons douces reliant la ZAC Gagarine au parc Maurice Thorez. »

L’élue Les Écologistes Kheira Freih Bengabou, adjointe au maire en charge notamment de la végétalisation et de la biodiversité, a souligné quant à elle que la Ville avait besoin de construire de nouveaux logements, comme cela est effectivement prévu dans le projet Cœur de ville. « Une écologie qui protège les arbres mais oublie les mal-logés, ce n’est pas ce que nous défendons. Je pense à toutes ces familles entassées dans des deux-pièces, à ces jeunes qui ne peuvent pas quitter le domicile familial… Votre vœu demande à renoncer à construire sur le parking de la mairie, mais un parking c’est du bitume ! Construire des logements sur un parking plutôt que sur un espace naturel, c’est ce que nous défendons. » Malgré l’appui de l’extrême droite et de la droite, le vœu du groupe Gem Ivry a été rejeté par l’Assemblée communale.

Philippe Gril

Participez à la réunion publique sur le projet Coeur de ville, le jeudi 19 novembre à 18h30, à l’Espace Gérard Philipe, en présence des élus et de l’agence d’architecture et d’urbanisme Tectõne (centre commercial Jeanne Hachette, rue Raspail).

Un toit pour les enfants

Le conseil municipal a adopté un vœu pour la continuité de l’hébergement d’urgence et des parcours scolaires.

« Disposer d’un toit constitue la première des protections. Laisser des enfants et leurs familles sans solution d’hébergement porte directement atteinte à leur dignité, leur santé, leur sécurité et à l’exercice de leurs droits fondamentaux », a rappelé Francine Colson en rapportant sur le vœu présenté au nom de la majorité municipale Front populaire ivryen. 230 enfants scolarisés à Ivry vivent en hébergement d’urgence, pour moitié répartis entre des hôtels du 115 et des centres d’hébergement.

Il y a quelques semaines, une vingtaine de familles ont appris brutalement qu’elles devraient quitter leur logement. Le 115-94, service intégré d’accueil et d’orientation départemental qui organise l’hébergement et l’insertion des personnes sans logement, leur a proposé des chambres ou appartements situés à plus d’une heure trente de transport des établissements scolaires des enfants et des lieux de travail des parents (en savoir plus).

Malika Zediri, adjointe au maire en charge de la lutte contre la précarité, du logement d'urgence et résidences sociales et de l’accès aux droits, a indiqué que, grâce à la mobilisation des élus d’Ivry, des associations et parents d’élèves, des premières solutions avaient été trouvées (trois T3 dans le Val-de-Marne), que « le préfet s’est engagé à geler les places attribuées aux femmes dans les hôtels du 115 » et que les familles concernées s’étaient regroupées en collectif.

Dans le sillage de la délibération contre les ruptures d’hébergement adoptée par le conseil municipal le 2 juillet, le vœu demande à l’État de garantir qu’aucune famille avec enfants prise en charge au titre de l’hébergement d’urgence ne soit remise à la rue faute de place ou de financement ; que la scolarisation des enfants et les suivis sociaux et médicaux déjà engagés, deviennent des critères essentiels dans toute décision de réorientation d’une famille ; que soit recherché prioritairement, pour toute famille dont les enfants sont scolarisés à Ivry-sur-Seine, un hébergement situé à Ivry-sur-Seine, ou dans un périmètre proche. Il a été adopté à la majorité (abstention des groupes d’opposition Ivry avant tout - union de la droite et du centre - et Ivry avenir – Rassemblement national).

Thomas Portier

Police municipale en débat

L’assemblée communale a rejeté un vœu demandant la création d’une police municipale à Ivry.

Le conseiller municipal d’opposition Kévin Nader a proposé un vœu pour la création d’une police municipale à Ivry, au nom de son groupe Ivry avenir. « Héritée des chartes de franchises du Moyen Âge, dans lesquelles elle procédait de la délégation d’un pouvoir seigneurial, la fonction de maire est historiquement indissociable du maintien de l’ordre », a expliqué l’élu Rassemblement national (RN). « Les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) et les dispositifs de médiation existants ne disposent pas des compétences ou des outils d’une véritable police municipale », a-t-il poursuivi. Un vœu voté « sans réserve » par le groupe Ivry avant tout, de Bertrand Simonin-Lacroix, qui déclare : « l’insécurité n’est pas partisane, c’est la première des libertés mais aussi la première des inégalités. Les agents de sécurité de la voie publique et de médiation font un travail très utile mais ils n’ont pas les outils ni le pouvoir d’une police municipale. »

Le groupe socialiste Gem Ivry, favorable à la création d’une police municipale, s’est abstenu de voter le vœu proposé par l’élu RN. Toutefois, Gem Ivry a demandé au maire l’organisation prochaine d’un référendum d’initiative citoyenne sur le sujet : « Selon nous, il s’agit d’un sujet de débat public qui doit se faire dans l’échange et la concertation avec les habitants. »

Plus de moyens pour la police nationale

Le maire Philippe Bouyssou lui a répondu qu’en vertu de l’article 29 du règlement intérieur du conseil municipal, chaque groupe d’opposition pouvait proposer une délibération par an, incitant Rodrigue Lohier à inscrire le sujet à l’ordre du jour d’une prochaine séance. Ouarda Kirouane, adjointe en charge de la tranquillité publique et de la prévention de la délinquance, a rappelé toutefois que « le projet municipal défendu par le Front populaire Ivryen - pour lequel les habitantes et habitants nous ont renouvelé leur confiance - ne retient pas cette hypothèse ». « Jamais dans ce pays une police municipale n’a démantelé un point de deal ou fait tomber un réseau criminel, et c’est à ce titre notamment que nous ne mobilisons pour que la police nationale ait des moyens pour s’atteler à ces problèmes qui existent aussi, bien sûr, à Ivry », a ajouté Ouarda Kirouane. Elle a également souligné que de nombreuses missions d’une police municipale sont d’ores-et-déjà assurées par le service public (local ou national), mobilisant notamment une centaine d’agentes et d’agents communaux. À l’issue des débats, le vœu proposé par Kévin Nader a été rejeté.

Philippe Gril

En bref

Belle Plume
Lors de sa présentation du bilan de la rentrée scolaire, l’adjointe en charge de la politique éducative, Fabienne Oudart, a annoncé la généralisation à toutes les écoles maternelles d’Ivry du programme Plume, expérimenté l’année dernière dans les maternelles Solomon et Cotton. Ce programme permet, par la formation des agents des écoles, la sensibilisation des enfants et l’implication des parents, de renforcer la prévention des violences sexuelles chez les enfants. L’objectif est de favoriser la libération de la parole de l’enfant, de leur permettre de mieux reconnaître leurs émotions, nommer les parties de leurs corps et identifier les adultes de confiance.

Citoyenne d’honneur
La rapporteuse spéciale des Nations-Unies sur les territoires palestiniens, Francesca Albanese, a été désignée citoyenne d’honneur de la ville d’Ivry par le conseil municipal. Dans ses rapports officiels, la juriste italienne accuse le gouvernement israélien de mener une politique d’apartheid en Cisjordanie. Elle est une des premières à avoir dénoncé un génocide contre les Palestiniens de Gaza. Depuis sa nomination à ce poste en 2022, Francesca Albanesea subi de nombreuses attaques et de lourdes sanctions pour son engagement en faveur des droits humains en Palestine.

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