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Le maire Philippe Bouyssou devant la prison de Marrakech, le 12 octobre, après que l’administration pénitencière lui a refusé le droit de visiter Naâma Asfari. Le lendemain, son frère Khadad, a pu le voir et lui transmettre le soutien de la Ville d’Ivry. © Claire Delemotte

Que peut faire un homme incarcéré pour ses idées depuis 16 ans ? Quelle action Naâma Asfari, militant pacifique pour l’autodétermination du Sahara occidental, peut-il mener depuis sa prison marocaine ? Un geste désespéré. Une grève de la faim. Ainsi il a cessé de s’alimenter quelques jours en mai dernier. Puis il a observé une grève de la faim de 46 jours en juin et juillet. Ses revendications ? Des conditions de détention dignes dont un transfert vers une autre prison, plus proche de sa famille, et le droit de visite de son épouse, l’Ivryenne Claude Mangin-Asfari.

Sans réponse de l’administration pénitentiaire, il a recommencé une grève de la faim le 23 septembre. Une mobilisation qu’il a dû interrompre le 30 septembre, après une dégradation sévère de son état de santé, ses reins étant particulièrement atteints. Cette dernière grève de la faim était aussi suivie par huit autres prisonniers politiques sahraouis.

Vives inquiétudes

Le 8 octobre, le conseil municipal d’Ivry a adopté un vœu de soutien à Naâma Asfari, citoyen d’honneur d’ivry, enjoignant le maire à « se rendre sur le lieu de détention de Naâma Asfari afin de témoigner de la solidarité de la Ville et de s’enquérir de sa situation de détention. »  Dans ce contexte de vives inquiétudes, Philippe Bouyssou s’est rendu au Maroc le 12 octobre. Il s’est présenté à la prison de Marrakech où Naâma Asfari est détenu. Mais il n’a pu obtenir le parloir demandé et il est rentré à Paris le lendemain. Il était accompagné de Claude Mangin-Asfari qui a été renvoyée en France le matin même, sans pouvoir sortir de l’aéroport, privée de son droit de visite depuis 2019.

Situé au sud du Maroc, le Sahara occidental est le dernier territoire à décoloniser d’Afrique, selon l'ONU. Un territoire « occupé », c’est-à-dire « colonisé » par le royaume marocain depuis 1975, et ce, au mépris du peuple sahraoui et des résolutions de l’ONU qui demandent l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Une situation extrêmement peu médiatisée, voire invisibilisée.

Catherine Mercadier

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