Solidarité avec les réfugiés sahraouis

Du 24 février au 2 mars 2019, une délégation d’élus et de militants associatifs ivryens se sont rendus dans des camps de réfugiés sahraouis en Algérie. Rencontre avec Séverine Peter, adjointe au maire chargée des relations internationales, qui a présidé cette mission. Voir le diaporama.

IMV hebdo : Quel était l’objectif de cette mission au Sahara occidental ?

Séverine Peter : Au printemps 2018, l’Ivryenne Claude Mangin-Asfari a mené une grève de la faim durant 30 jours car le Maroc lui refusait le droit de rendre visite à son mari Naâma Asfari, militant sahraoui, emprisonné pour des raisons politiques. La Ville avait soutenu Claude, en l’accueillant notamment à la mairie. Nous nous étions alors engagés à aller dans les camps de réfugiés sahraouis, en Algérie, pour nous rendre compte de la réalité de leur situation. Ils sont près de 200 000 à vivre dans cette zone désertique, privés de leur territoire car il est occupé par le Maroc depuis plus de 40 ans ! De plus, nous voulions connaître les conditions de vie des enfants sahraouis car nous en accueillons six tous les étés, depuis dix ans, à Ivry et dans notre centre de vacances des Mathes en Charente-Maritime.

IMV hebdo : Quels ont été les faits marquants de ce séjour ?

Séverine Peter : Nous avons été hébergés par des familles dans le camp d’Aousserd, à côté de Tindouf, dans le Sud de l’Algérie. La précarité des conditions de vie et la rareté de l’eau sont bien sûr marquantes, lorsqu’on vient d’un pays où la surconsommation est la règle. Mais j’ai été surtout frappée par la dignité du peuple sahraoui et sa grande culture ! Ces réfugiés reçoivent une formation de haut niveau au sein du camp, ils parlent par exemple plusieurs langues. Ils sont au courant de ce qui se passe dans le monde entier, en particulier grâce à internet. Ils nous ont même questionnés sur le mouvement des Gilets jaunes ! Enfin, j’ai été touchée par le désarroi de la jeunesse qui envisage de reprendre les armes car elle se sent dans une telle impasse. Cela fait cinq générations que les Sahraouis vivent dans des camps de réfugiés !

IMV hebdo : Pourquoi est-ce important que des élus de la République française, issus d’une collectivité territoriale, défendent la cause sahraouie ?

Séverine Peter : La France, patrie des droits de l’homme, est extrêmement silencieuse sur la question sahraouie à la différence d’autres pays comme l’Espagne, la Suède, l’Afrique du Sud... Depuis des années, les gouvernements français se rallient systématiquement aux positions marocaines. Aujourd’hui, c’est important de témoigner toute notre solidarité à ce peuple qui revendique son autodétermination. Cela fait partie de notre tradition politique depuis notre soutien aux républicains espagnols dans les années 30 ! Mais nous n’étions pas seuls fin février au Sahara occidental : plus de 70 Français étaient présents, mobilisés par l'Association des Amis de la République arabe sahraouie et démocratique (AARASD). Venant de Paris, Marseille, Rezé ou Le Havre, il s’agissait principalement de citoyens, d’associations et de syndicats. Notre délégation* comptait, elle, neuf Ivryens : des élus et des militantes de l'AARASD dont Claude Mangin-Asfari. À l’issue de cette mission, nous avons décidé d’écrire au président de la République française, pour l’alerter sur la situation des Sahraouis et pour développer l’aide humanitaire en provenance de la France.

Propos recueillis par Catherine Mercadier

Des élus et des militants
La délégation ivryenne comptait neuf personnes dont quatre élus de la majorité municipale : Bozena Wojciechowski (PCF), Medhi Belabbas (Europe Écologie Les Verts), Saïd Héfad (Convergence citoyenne ivryenne). Était aussi présente Marianne Petit, directrice du Centre municipal de santé, où les enfants sahraouis se font soigner tous les étés. Le coût de la mission s’est élevé en tout 3 900 €. Enfin quatre militantes de l'Association des Amis de la République arabe sahraouie et démocratique (AARASD) ont participé au voyage, en prenant en charge leur frais.
Plus d’infos sur Claude Mangin-Asfari

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Sahara occidental en bref
Situé au sud du Maroc, à la frontière avec la Mauritanie et l’Algérie, le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole de 226 000 km². C’est une zone très riche en phosphate et dont le littoral est poissonneux. Depuis 1976, ce territoire est occupé à 80% par le Maroc et par la République arabe sahraouie démocratique proclamée par le Front Polisario pour le reste. Depuis 1991, la tenue d’un référendum sur l’auto-détermination des Sahraouis est demandé par l’ONU.

Solidarité avec les réfugiés sahraouis

Du 24 février au 2 mars 2019, une délégation d’élus et de militants associatifs ivryens se sont rendus dans des camps de réfugiés sahraouis en Algérie. Rencontre avec Séverine Peter, adjointe au maire chargée des relations internationales, qui a présidé cette mission.

IMV hebdo : Quel était l’objectif de cette mission au Sahara occidental ?

Séverine Peter : Au printemps 2018, l’Ivryenne Claude Mangin-Asfari a mené une grève de la faim durant 30 jours car le Maroc lui refusait le droit de rendre visite à son mari Naâma Asfari, militant sahraoui, emprisonné pour des raisons politiques. La Ville avait soutenu Claude, en l’accueillant notamment à la mairie. Nous nous étions alors engagés à aller dans les camps de réfugiés sahraouis, en Algérie, pour nous rendre compte de la réalité de leur situation. Ils sont près de 200 000 à vivre dans cette zone désertique, privés de leur territoire car il est occupé par le Maroc depuis plus de 40 ans ! De plus, nous voulions connaître les conditions de vie des enfants sahraouis car nous en accueillons six tous les étés, depuis dix ans, à Ivry et dans notre centre de vacances des Mathes en Charente-Maritime.

IMV hebdo : Quels ont été les faits marquants de ce séjour ?

Séverine Peter : Nous avons été hébergés par des familles dans le camp d’Aousserd, à côté de Tindouf, dans le Sud de l’Algérie. La précarité des conditions de vie et la rareté de l’eau sont bien sûr marquantes, lorsqu’on vient d’un pays où la surconsommation est la règle. Mais j’ai été surtout frappée par la dignité du peuple sahraoui et sa grande culture ! Ces réfugiés reçoivent une formation de haut niveau au sein du camp, ils parlent par exemple plusieurs langues. Ils sont au courant de ce qui se passe dans le monde entier, en particulier grâce à internet. Ils nous ont même questionnés sur le mouvement des Gilets jaunes ! Enfin, j’ai été touchée par le désarroi de la jeunesse qui envisage de reprendre les armes car elle se sent dans une telle impasse. Cela fait cinq générations que les Sahraouis vivent dans des camps de réfugiés !

IMV hebdo : Pourquoi est-ce important que des élus de la République française, issus d’une collectivité territoriale, défendent la cause sahraouie ?

Séverine Peter : La France, patrie des droits de l’homme, est extrêmement silencieuse sur la question sahraouie à la différence d’autres pays comme l’Espagne, la Suède, l’Afrique du Sud... Depuis des années, les gouvernements français se rallient systématiquement aux positions marocaines. Aujourd’hui, c’est important de témoigner toute notre solidarité à ce peuple qui revendique son autodétermination. Cela fait partie de notre tradition politique depuis notre soutien aux républicains espagnols dans les années 30 ! Mais nous n’étions pas seuls fin février au Sahara occidental : plus de 70 Français étaient présents, mobilisés par l'Association des Amis de la République arabe sahraouie et démocratique (AARASD). Venant de Paris, Marseille, Rezé ou Le Havre, il s’agissait principalement de citoyens, d’associations et de syndicats. Notre délégation* comptait, elle, neuf Ivryens : des élus et des militantes de l'AARASD dont Claude Mangin-Asfari. À l’issue de cette mission, nous avons décidé d’écrire au président de la République française, pour l’alerter sur la situation des Sahraouis et pour développer l’aide humanitaire en provenance de la France.

Propos recueillis par Catherine Mercadier

Délégation Ivryenne dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf

Une mission dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf est prévue du 24 février au 2 mars 2019

A l’occasion du 43ème anniversaire de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), une délégation ivryenne présidée par Madame Séverine Peter, adjointe au Maire en charge des relations internationales et composée de 3 élus et de la directrise du Centre Municipal de Santé d'Ivry est prévue du 24 février au 2 Mars 2019.

Cette délégation a pour objectif de soutenir le peuple sahraoui, de marquer l’engagement de la ville pour la reconnaissance des droits de ce peuple, de découvrir la réalité de la vie dans les camps de réfugiés. 

La ville lance avec ses partenaires un projet sportif et éducatif à Jérusalem-Est

Place aux activités physiques et sportives dans la construction de la citoyenneté et l’émancipation des palestinien.ne.s

Les conditions de vie à Jérusalem-Est sont particulièrement difficiles. Fortement marqué par les conflits entre communautés, le climat général s’est dégradé, notamment depuis la décision des Etats-Unis de déplacer leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. La pression quotidienne de colons israéliens sur Jérusalem-Est provoque de nombreuses situations de répression et de discrimination qui poussent les familles palestiniennes à quitter leurs quartiers.

Dans ce contexte, le Réseau de Coopération Décentralisée pour la Palestine (RCDP) dont Ivry est membre, a réuni plusieurs collectivités françaises autour d’un programme concerté de trois ans. Structurées autour d’activités variées dans les domaines du sport, de la santé, de la création vidéo et du cirque, ces activités se dérouleront au centre culturel et social Al Bustan.

En partenariat avec la Fédération  Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), Ivry s’engage dans un projet sportif et éducatif pour le développement personnel et l’insertion professionnelle de la jeunesse du quartier. Des collaborations entre structures associatives et municipalités françaises et palestiniennes permettront le déploiement de nombreuses activités répondant à ces enjeux: éducation des enfants, filles et garçons, promotion des pratiques sportives, notamment féminine et pour les personnes en situation de handicap.

Le programme prévoit également un volet concernant la formation des formateurs et d’animateurs afin de permettre l’implantation durable de pratiques sportives régulières à Jérusalem-Est.

A Ivry, nous considérons le sport comme un outil d’épanouissement personnel et un vecteur de cohésion sociale. Ce projet permet à la jeunesse palestinienne de développer son bien-être, sa santé, sa connaissance de soi et la maîtrise de ses émotions tout en diffusant des valeurs de respect, de solidarité et de fraternité.

Un parloir pour Claude Mangin

Les 14 et 15 janvier, Claude Mangin a pu rendre visite à son mari Naâma Asfari, militant de la cause sahraouie, dans la prison marocaine de Kénitra où il est incarcéré.

Sa pugnacité a payé. Claude Mangin a obtenu un droit de parloir pour rendre visite àNaâma Asfari, son mari emprisonné à Kénitra au Maroc. Et ce, après trente mois d’interdiction d’entrée sur le territoire marocain, quatre expulsions et une grève de la faim d’un mois. Les autorités ont accordé deux rencontres d’1h30 les 14 et 15 janvier à l’épouse du militant pour l’indépendance du Sahara occidental, condamné à trente années d’emprisonnement, et citoyen d’honneur d’Ivry.

« J’ai appris la nouvelle avec surprise alors que j’étais chez mes parents le 26 décembre, raconte Claude Mangin. Mon mari savais que je viendrais mais sans connaître la date : dans la prison de Kénitra où il est incarcéré depuis dix-huit mois, l’accès au téléphone est très limité. »

Naâma Asfari, que sa femme a plutôt trouvé en bonne forme, a écrit un message à cette occasion : « Nous espérons que cette décision est guidée par une bonne volonté et qu’elle sera suivie de beaucoup d’autres actes qui dans un futur proche confirmeront cette volonté d’arrêter la politique de représailles systématiques et de vengeance que nous subissons depuis un an et demi. Nous espérons que c’est le début du respect de tous nos droits en tant que détenus de guerre (civils) et tout particulièrement celui de notre droit au transfert en territoires occupés avant notre libération inconditionnelle. »

Pourquoi l’autorisation de visite a-t-elle accordée maintenant ? Certes, des  tractations ont été menées entre les gouvernements français et marocains, notamment depuis la grève de la faim de Claude Mangin au printemps dernier. Mais selon elle, « j’interprète cette décision comme une volonté du gouvernement marocain de reprendre contact avant qu’une table ronde sur l’autodétermination du peuple sahraoui n’ait lieu en mars. Le dossier des prisonniers politiques sera abordé. Nous ne pensons cependant pas que ceux-ci seront libérés. »

Claude Mangin et ses soutiens restent déterminés. « Je continuerai de m’exprimer le plus possible pour contrecarrer la politique d’invisibilisation du peuple sahraoui », déclare-t-elle. Par ailleurs, du 24 février au 1er mars, elle participera à une délégation composée de journalistes et politiques, dont quatre Ivryens, les adjoints au maire Séverine Peter, Bozena Wojciechowski, Mehdy Belabbas et Marianne Petit, médecin-directeur du Centre municipal de santé, dans les camps de réfugiés de Tindouf (Algérie).

Thomas Portier

Vœux 2019

Belle et heureuse année 2019.

نتمنى لكم عاما جديدا و سعيدا
 

Beautiful and happy year of 2019
 

Ano 2019 bello y feliz
 

Schönes und glückliches Jahr 2019
 

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